La Ville de Montréal a présenté lundi matin sa programmation 2018 pour la réfection des rues, trottoirs, aqueducs et égouts.

Elle compte y consacrer une somme de 1,176 milliard de dollars, soit près de 490 millions de plus que l'an dernier. Ce montant sera réparti comme suit :

  • Voirie : 542 millions
  • Eau (aqueducs, égouts, grands projets et usines) : 538 millions
  • Aménagement de rues (grands projets) : 96 millions

La nouvelle taxe sur le service de l'eau, de 1,1 % pour le secteur résidentiel, servira à financer une partie de ces travaux.

« Il y a un tuyau qu'on n'a pas encore changé sous la rue Ste-Catherine Ouest. Il a été posé avant la Confédération. On a fêté les 150 ans l'an passé. On a beaucoup de vieilles infrastructures dans Ville-Marie. Aussi dans le Plateau, qui est un vieux quartier, on a aussi du rattrapage à faire », a donné en exemple Sylvain Ouellet, responsable des infrastructures au comité exécutif.

Parmi ces projets, on trouve le réaménagement des rues Sainte-Catherine (entre Bleury et Mansfield), Saint-Hubert (entre Bellechasse et Jean-Talon) et Peel (entre Des Pins et Sherbrooke), de même que les travaux préparatoires pour le SRB-Pie-IX.

Un projet majeur de réfection d'égout, d'aqueduc et de chaussée est aussi prévu sur la rue Notre-Dame, entre Bourbonnière et Frontenac. Les travaux devraient durer cinq mois.

La Ville veut aussi inaugurer d'ici 2020 une « vélorue » sur la rue Saint-André, entre Cherrier et Laurier. Dans ce type d'aménagement, on permet aux cyclistes de circuler sur la même voie que les automobilistes, plutôt que de faire des voies cyclables de chaque côté. Cela oblige les les véhicules à ralentir lorsqu'ils suivent des vélos.

La Ville retarde cependant d'autres investissements cyclables, comme sur la rue Lajeunesse, pour mieux les planifier.

« Si on veut plus de gens, il faut aller chercher ceux qui sont craintifs, ceux qui ne sont pas sûrs, les parents qui pourraient partir avec des enfants pour les déposer à l'école. Il y a plein d'exemples où on se dit : peut-être qu'on en fera moins avec cet argent-là du kilomètre, mais ceux qu'on va faire ils vont vraiment être optimaux, ils vont vraiment être confortables, ils vont vraiment être aux normes », a expliqué Marianne Giguère, conseillère associée au développement durable et aux transports actifs au comité exécutif.

Éviter le dédoublement des chantiers

La Ville veut aussi s'attaquer à la répétition des chantiers au même endroit en adoptant une nouvelle politique en ce sens au prochain conseil municipal.

Désormais, les entreprises du réseau technique urbain (fournisseurs d'énergie ou de télécommunications, par exemple) devront se coordonner avec l'administration municipale lorsqu'elles doivent réaliser des travaux. De plus, elles devront payer des frais pour la dégradation de la chaussée, comme cela se fait déjà à Hamilton, à Vancouver et à Toronto.

Augmenter la part du vélo

L’administration Plante veut mettre fin à l’habitude de « refaire systématiquement à l’identique », a indiqué par communiqué Éric Alan Caldwell, responsable de l’urbanisme au comité exécutif. « Nous revoyons tous les projets afin d’identifier les façons de les bonifier pour faire une place prépondérante à la mobilité, à la sécurité et à l’expérience de l’usager », a-t-il ajouté.

L’administration veut que 15 % des déplacements dans les quartiers centraux se fassent à vélo d’ici 10 ans.

« Les concepts d’aménagement sont tous revus afin de voir comment favoriser ce transfert, que ce soit par la révision des limites de vitesse dans certaines rues, la mise aux normes de feux de circulation ou le réaménagement d’intersections », a précisé Marianne Giguère.

Pendant cette année qui promet d’être riche en cônes orange, la Ville assure qu’elle portera une attention particulière à la gestion des chantiers et de la circulation, ainsi qu’aux communications avec le public.

De son côté, le chef de l'opposition officielle à Montréal, Lionel Perez déplore que, malgré l'augmentation de la taxe sur le service de l'eau, les objectifs de réalisation pour les infrastructures de l'eau sont semblables à ceux de l'an passé.

Avec des informations de Benoît Chapdelaine et de Julie Marceau

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