Les chasseurs de gibier au Québec sont de plus en plus nombreux à partager de la viande avec les personnes n'ayant pas les moyens de s'en procurer, et ce, en collaborant avec des boucheries et des banques alimentaires.

Un texte de Maxime Bertrand

La Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs a invité cette année ses membres à la générosité, en leur suggérant de donner deux livres de viande pour un cerf de Virginie et cinq livres pour un orignal.

La réponse est encourageante, puisqu'en un mois et demi, la boucherie Himbeault Gibier a déjà reçu 350 livres de viande sauvage.

Située dans le petit village de Saint-Stanislas-de-Kostka, en Montérégie, Himbeault Gibier débite le gibier des chasseurs depuis plus de 30 ans. Elle fait partie des 40 boucheries choisies par la Fédération pour recueillir les dons des chasseurs.

« La chasse, c'est quand même difficile. On sait que ça leur coûte quand même cher à s'organiser pour la chasse. Quand on leur demande un don, au début, [les chasseurs] sont toujours craintifs, ils se demandent vraiment à qui ça va. Quand on leur explique à qui ça va, c'est sûr que ça leur fait plaisir de donner », affirme Liliane Himbeault, la mère du propriétaire de Himbeault Gibier.

Les chasseurs sont d'autant plus généreux que la saison de la chasse est bonne cette année.

En réalité, cette initiative de partage ne date pas d'aujourd'hui, dit Stéphanie Vadenais, conseillère en communications à la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs.

« C'est un projet qui a débuté en 2013 dans la région du Bas-Saint-Laurent. C'est un groupe de bénévoles qui avaient envie finalement d'être utiles dans leur communauté et de redonner un peu au suivant », précise-t-elle.

La Fédération a décidé d'étendre l'initiative à toute la province en collaboration avec le réseau des banques alimentaires du Québec, ce qui est une première.

Daniel Himbeault, propriétaire de Himbeault Gibier, a été l'un des premiers à y adhérer.

« Le chasseur sportif qui va à l'orignal, au chevreuil, au caribou, souvent il va avoir un congélateur rempli de viande, assez que des fois, il sait plus quoi en faire. Là, il a l'opportunité de donner aux gens dans le besoin », mentionne M. Himbeault.

Sa boucherie envoie les dons reçus à Moisson Sud-Ouest, qui dessert les MRC de Beauharnois-Salaberry, du Haut-Saint-Laurent et de Vaudreuil-Soulanges.

« Nous avons la possibilité d'accéder à de la viande fraîche en quantité assez intéressante depuis le début du mois de septembre [...]. On sait que les familles dans le besoin n'ont pas nécessairement le revenu nécessaire pour [...] acheter de la viande, on sait que le prix de la viande est constamment en hausse », souligne Rachel Gauthier-Langlois, coordonnatrice des communications et des événements à Moisson Sud-Ouest.

L'organisme reçoit plus de 8500 demandes d'aide par mois et ne réussit à répondre qu'à 50 % d'entre elles. Depuis le début de la saison de la chasse, il a reçu 494 kilos de viande.

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