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Des citoyens dénoncent le bruit des avions de l'aéroport Montréal-Trudeau

Une guerre de chiffres se dessine entre Aéroports de Montréal (ADM) et un groupe de citoyens incommodés par le bruit des avions. Ces derniers ont dévoilé mercredi des données qui, à leur avis, démontrent qu'ils sont exposés à des niveaux de bruit qui dépassent les seuils acceptables pour la santé, mais ADM estime leurs chiffres erronés.

Regroupés sous le collectif « Les pollués de Montréal-Trudeau », ces citoyens ont installé 10 stations de mesure du bruit, au coût de 8500 $, à divers endroits sur les territoires d'Ahuntsic-Cartierville, de Saint-Laurent, de Mont-Royal et de Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension.

Les résultats colligés ont démontrent que cinq stations ont enregistré un bruit ambiant dépassant 55 décibels audibles (dBA), soit le seuil de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) au-delà duquel le bruit occasionne des problèmes de santé. Une sixième station est tout juste sous ce seuil de 55 dBA, soit 53,6 dBA. 

Les données recueillies révèlent que dans Saint-Laurent Est, plus de 7000 vols, dont près de 794 vols de nuit, sont plus bruyants que le seuil recommandé par l'OMS.

De leur côté, les gouvernements du Québec et du Canada établissent le seuil acceptable à 65 dBA.

Guerre de mots

ADM dispose pour sa part de huit stations de mesure du bruit, dont deux à Dorval, deux dans Saint-Laurent, une à Pointe-Claire, une à Dollard-des-Ormeaux et une à Côte-Saint-Luc. L'autorité aéroportuaire montréalaise affirme que le bruit a diminué ou est demeuré stable au cours des dernières années avec un total de 2881 personnes incommodées.

La coalition de citoyen conteste cette interprétation après avoir installé ses propres stations de mesure du bruit. 

« On a des appels de gens de Rosemont, de Rivière-des-Prairies qui se plaignent de l'augmentation du bruit », révèle le directeur principal des pollués de Montréal-Trudeau, Raymond Prince. « Les données nous permettent de constater qu'il y a beaucoup, beaucoup plus que 3000 personnes d'affectées. »

M. Prince affirme également qu'il y a eu une modification aux couloirs aériens au-dessus de Montréal en février 2012, ce que nie fermement ADM.

L'autorité aéroportuaire montréalaise soutient par ailleurs que les chiffres obtenus par le collectif sont erronés.

« Tout instrument de précision pour avoir des données précises et fiables doit être calibré et leur micro n'est pas calibrable, soutient Christiane Beaulieu, porte-parole d'ADM. Les niveaux sonores qui sont calculés à partir de nos capteurs de bruit, c'est fait de façon indépendante. C'est SNC (SNC-Lavalin) qui les a faits, ce n'est pas nous ». 

Les membres du collectif, qui soutiennent que le passage des aéronefs au-dessus de leur résidence est une source de stress, de manque de sommeil et de perte de qualité de vie, réclament que la gestion du bruit passe en d'autres mains que celles d'ADM. Il réclame également une étude effectuée par une firme indépendante.

Le bruit est également un enjeu sur la Rive-Sud de Montréal. La Ville de Saint-Lambert poursuit la Ville de Montréal, la Société du parc Jean-Drapeau et evenko pour le bruit produit par les concerts tenus au Parc Jean-Drapeau. Saint-Lambert veut faire baisser le son des concerts qui ont lieu sur l'île Notre-Dame, juste en face de la municipalité de la Rive-Sud.

Avec les informations de René Saint-Louis

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