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Des citoyens pressent Enbridge de faire des tests de résistance sur tout l'oléoduc 9B

Enbridge procédera à des tests hydrostatiques sur son oléoduc 9B sur une distance de 20 kilomètres, à Mirabel. Une manifestation s'organise pour exiger que des tests de résistance semblables soient effectués sur l'ensemble de l'oléoduc.

Un texte de Francis Labbé

Enbridge propulsera de l'eau à 125 % de la pression maximale d'exploitation de ses installations, le long d'un tronçon de 20 kilomètres sur le territoire de Mirabel. Il s'agit de tests qui serviront à évaluer la solidité et l'étanchéité de l'oléoduc 9B. Des essais semblables doivent être effectués en Ontario.

Les citoyens que nous avons rencontrés sur place ne sont pas inquiets. Quelques-uns avaient cependant l'intention d'accepter la proposition d'Enbridge de les loger à l'hôtel, le temps des tests. Ce n'est pas le cas de Richard Robert, qui habite rue du Noroît.

« Ça fait quand même 12 ans que je suis ici et je n'ai jamais eu de problème », explique-t-il. « Ce n'est pas une source d'inquiétude. Pour moi, c'est une formalité. »

Manifestation

D'autres ne sont pas rassurés par ces essais. C'est le cas de la Coalition vigilance oléoducs. « Nous aurions souhaité que les essais soient réalisés sur tout l'oléoduc et non seulement trois petites sections, qui représentent à peine 10 %. Qu'est-ce qui nous dit que l'on n'aurait pas découvert des fuites si on avait procédé aux essais partout? »

La Coalition vigilance oléoducs organise une manifestation pour demander à l'Office national de l'énergie d'exiger des essais sur l'ensemble des installations d'Enbridge. 

Des tests moins exigeants

En juin dernier, l'Office national de l'énergie (ONE) exigeait que les essais soient menés selon une unité de mesure appelée SMYS ( specific minimum yield strength ), qui sert à mesurer la résistance du métal. Cette unité est notamment utilisée par le Département des transports des États-Unis.

Mais en juillet, Enbridge a demandé et obtenu de l'ONE que les essais soient plutôt menés avec une autre unité de mesure, la pression maximale d'exploitation. 

« Ces nouvelles exigences sont moindres que celles exigées au départ par l'Office », explique Lorraine Caron, du regroupement Citoyens au courant. « En bout de ligne, l'Office national de l'énergie autorise Enbridge à faire des tests qui seront inférieurs de 61 psi » ( 61 livres par pouces carrés ).

« Un test hydrostatique avec une pression plus élevée, par exemple à 100 % SMYS au lieu de 93 % SMYS, permet de dégager une marge de sécurité plus grande laquelle se traduit en un plus grand nombre d'années de vie utile du pipeline avant sa défaillance. », rajoute Mme Caron.

L'Office national de l'énergie maintient que les essais seront suffisants pour répondre aux exigences en matière de sécurité et que si elle a accepté le changement d'unité de mesure, c'est par souci d'uniformité puisque Enbridge a livré la majorité de ses essais selon la norme de la pression maximale d'exploitation.

De son côté, Québec solidaire exige du premier ministre Philippe Couillard qu'il fasse pression à son tour sur l'Office national de l'énergie pour que ces essais soient menés sur l'ensemble de l'oléoduc 9B d'Enbridge.

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