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Des commerçants prennent les grands moyens contre de présumés voleurs

Les voleurs présumés pris en flagrant délit par des caméras de surveillance n'ont aucune chance en s'en prenant à certains commerces montréalais : leurs photos sont placardées sur les murs et les vitrines afin de prévenir d'autre cas de vol à l'étalage. 

Le propriétaire du dépanneur Au coin Duluth, Clermont Cloutier, se faisait voler jusqu'à 10 000 $ annuellement avant de s'équiper d'un système de caméras de surveillance pour pouvoir identifier les clients qui tiraient profit de lui. Il a aussi changé la disposition de son magasin pour que ses employés aient une meilleure vue de l'ensemble du commerce.

Il a ensuite eu l'idée d'afficher les photos de ceux qu'il voyait voler, puisqu'avoir recours aux services policiers donnait trop peu de résultats. « Ce n'est pas qu'ils ne travaillent pas, mais ils ont d'autres problèmes à s'occuper que des petits vols », précise Clermont Cloutier.

« Les photos permettent aussi à nos employés de reconnaître les gens qui nous volent pour les empêcher de récidiver », ajoute le propriétaire. Clermont Cloutier raconte qu'un client qui passait régulièrement devant son commerce lui a promis de le rembourser pour ses vols si sa photo était retirée de la vitrine.

Les différents dépanneurs du quartier s'échangent même leurs photos afin d'identifier le plus grand nombre de voleurs potentiels possible. 

Une méthode controversée

Bien que qualifiée d'efficace par ses utilisateurs, la méthode ne fait pas l'unanimité.

« C'est une atteinte à la réputation, car on a une présomption d'innocence et une violation de la vie privée, ce qu'on appelle le droit à l'image », estime la professeure à la faculté de droit de l'Université de Montréal, Marie-Anick Grégoire, alors que les photos affichées sont associées à un voleur. 

Le président-directeur général de l'Association des détaillants en alimentation du Québec, Florent Gravel, croit pour sa part « qu'on ne s'attaque pas à la racine du problème » en agissant ainsi.

« Si, moi, j'ai déjà été volé dans ce magasin-là et que je vois ma photo qui est affichée au mur, je vais aller voler ailleurs », conclut-il.

Florent Gravel se souvient même d'un incident relatif à de telles photos, alors qu'un client a aperçu son portrait dans un dépanneur où il se rendait occasionnellement. Affirmant n'avoir jamais rien volé, il a poursuivi le commerçant.

Avec les informations de Louis-Philippe Ouimet

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