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Des demandeurs d'asile floués par des propriétaires de logements

Des propriétaires de logements ont flairé la bonne affaire en voyant arriver à Montréal des centaines de migrants, certains profitant de l'occasion pour arnaquer sans scrupule des demandeurs d'asile.

Depuis le début de la ruée des migrants à la frontière canadienne, près de 700 d'entre eux se sont trouvé un logement permanent, indique le ministère de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion du Québec.Certains d’entre eux ont toutefois eu la surprise de se retrouver dans un environnement insalubre; d’autres n’ont simplement jamais vu la couleur du bail.« J’ai trouvé cet appartement, je l’ai payé, mais le propriétaire n’a jamais voulu me donner de bail », confie un demandeur d’asile haïtien qui a tenu à garder l’anonymat, par peur de représailles.Comme bien d’autres migrants, cet homme a suivi à la lettre les instructions du ministère de l’Immigration, accompagné par des organismes partenaires dans sa recherche de logement. Il a passé 20 jours dans un YMCA avant de recevoir son premier chèque d’aide sociale.Bien loin d’être au bout de ses peines, ce demandeur d’asile a vu son appartement se détériorer sous ses yeux, à peine un mois après s’y être installé. « Le plafond de la toilette avait un problème, raconte-t-il. J’étais en train de prendre une douche et il est tombé sur ma tête. »

Le propriétaire du logement, qui a refusé de commenter la situation, n’est jamais venu faire les réparations. Une trentaine de plaintes pour insalubrité ont par ailleurs été déposées contre lui à la Régie du logement.

Un cas parmi d’autresLes demandeurs d’asile qui ne passent pas par un organisme d’aide pour se trouver un logement seraient plus à risque d’être menés en bateau, s’entendent pour dire les intervenants des comités de logement.« Ils paient souvent assez cher pour des logements qui sont infiltrés par l'eau [ou qui ont] de la moisissure. Les coquerelles et les souris sont aussi chose courante », déplore André Trépanier, un intervenant du Comité d'action de Parc-Extension.Si plusieurs organismes communautaires recommandent de visiter les logements avant de payer, voire d’y aller accompagné d’une personne à titre de témoin, les nouveaux arrivés ne sont pas nécessairement à l’affût de ce genre d’arnaque, estime Kimmyanne Brown, intervenante à l’Organisation d’éducation et d’information logement de Côte-des-Neiges.

Alors que le gouvernement du Québec s’adapte lentement à cet afflux croissant de migrants, des formations au logement aideraient ces nouveaux venus, estime Mme Brown. Or, les ressources sur le terrain sont encore peu nombreuses.Le ministère de l’Immigration du Québec, qui s’est dit préoccupé par la situation, distribuera bientôt des brochures d’information au sujet de la recherche de logement.

Avec les informations de Sébastien Desrosiers.

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