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Des élèves de 6e année vont à l'école dehors

De plus en plus d'enseignants rêvent de donner des cours en dehors de leur classe. Il y a des programmes de plein air dans certaines écoles, mais enseigner les mathématiques ou les sciences dehors, c'est toute une logistique. Des enseignants d'une école primaire de l'arrondissement de Saint-Laurent, à Montréal, réussissent pourtant à le faire.

Un photoreportage d'Anne-Louise Despatie

Toutes les deux semaines, les élèves de l'École Laurentide vont suivre leurs cours au parc nature du Bois-de-Liesse, dans l'arrondissement de Saint-Laurent. Beau temps, mauvais temps, ils y font des mathématiques, du français, de la géographie et du plein air, bien sûr.

Les enseignants de 6e année de cette école multiculturelle ont monté le projet inspiré par le courant « udeskole » (l'école dehors) qui vient de Scandinavie. Ils se sont aussi inspirés de l'École de la forêt, qui reçoit de temps à autre des écoliers sur le mont Royal.

« Plus de 95 % de nos élèves sont issus de l'immigration et on trouvait qu'aller dehors, de sortir de l'école, c'était une belle facon pour eux de s'intégrer. C'est un projet-pilote, c'est quelque chose qu'on expérimente. Aujourd'hui, on essaie de voir si c'est possible de faire des mathématiques en faisant de la randonnée en raquettes », explique Yannick Lacoste, enseignant en éducation physique et un des instigateurs du projet.

Pour l'occasion, des élèves ont caché des indices à l'intention d'autres élèves qui devront résoudre des problèmes de mathématiques. Pour les trouver, ils doivent d'abord faire un parcours en raquettes.

Tout cela fait le bonheur de la jeune Victoria Panov. « La neige est belle et on découvre plein de choses de la nature. On voit aussi les responsabilités qu'on a. C'est vraiment éducatif », dit la jeune fille à la tuque rose bien calée sur la tête.

Les enseignants ont fait l'essai du programme l'an dernier. Cette année, ils peaufinent leur enseignement de manière à couvrir le programme scolaire dehors. Pour l'enseignante Isabelle Chevalier, c'est une façon saine de passer de la théorie à la pratique. « On fait de la lecture, de l'écriture, beaucoup de mathématiques, évidemment les sciences, dit-elle. Vraiment ce qu'on voit en classe, ici, ils le voient concrètement et moi je pense qu'ils vont intégrer la matière davantage. Et je vois combien la motivation des élèves a augmenté. »

Contrairement à ce qui se fait pour d'autres programmes de plein air des écoles secondaires, il n'était pas question de demander une contribution financière aux parents. « Ici, on est en milieu défavorisé, c'est pour tous et c'est gratuit. Cela permet aux trois classes de 6e année de venir au Bois-de-Liesse toutes les deux semaines et l'école absorbe tous les frais, y compris l'aller-retour en autobus de ville, des frais qui tournent autour de 3000 $ pour l'année », indique Jocelyn Beaulieu, éducateur physique et un des instigateurs du projet.

L'organisme qui est chargé de promouvoir l'éducation en sciences dans les parcs-nature de Montréal soutient les enseignants de l'école Laurentide et leurs élèves. « Pour l'instant, c'est vraiment unique. C'est leur initiative et ce sont des enseignants super-motivés qui ont travaillé très fort. Je crois que ça va sûrement inspirer d'autres enseignants. », dit Mélanie Dappen, responsable des services éducatifs du Groupe uni des éducateurs-naturalistes et professionnels en environnement (GUEPE).

Le projet pilote débouchera sur une étude visant à mesurer la performance scolaire et la forme physique des élèves qui vont à l'école dehors.

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