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Des élèves de Villa Maria se mobilisent pour sauver leur école de musique

Des élèves, mais aussi des parents et des membres du personnel de l'école secondaire Villa Maria, à Montréal, vont manifester samedi matin dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce pour sauver leur programme de musique, qui doit théoriquement fermer dans deux mois, faute d'inscriptions. Une pétition en ligne, lancée le mois dernier par les élèves du collège, a récolté plus de 1700 signatures jusqu'ici.

Les cours de musique en question sont donnés dans le cadre d'un programme privé, dont la fin a été annoncée pour le 30 juin.

« Le fait qu'on ne sera pas capable de continuer à progresser l'an prochain, ça me brise le coeur complètement », confie Teale Bishopric, une élève de secondaire III qui a contribué à lancer la pétition.

Une fermeture d'autant plus crève-coeur que l'école de musique privée de Villa Maria existe depuis 165 ans, font valoir les opposants à sa fermeture.

En tout, 463 commentaires ont été laissés sur le site web où est hébergée la pétition.

« L'administration fait une très grave erreur », écrit par exemple Michel Dupont. « Sans la musique, la vie serait une erreur », répond Michel Sormany, citant le philosophe allemand Friedrich Nietzsche. « Fermer une école de musique, c'est amputer l'avenir du Québec et celui de sa jeunesse! », réplique Hervé Genge.

Une triste nouvelle

L'annonce a été faite aux parents et aux élèves en janvier dernier, dans un courriel qui justifiait la fin du programme par le faible nombre de participants.

Avec plus de 1400 élèves cette année, Villa Maria n'a jamais été aussi populaire. Or, seuls 13 élèves de secondaire I se sont inscrits à des cours de musique privés en 2018. « C'est le plus faible taux d'inscriptions que nous ayons jamais eu », a expliqué la porte-parole Sophie Desjardins dans un courriel envoyé à CBC.

La décision n'a pas été prise pour des raisons budgétaires, poursuit-elle, mais pour des raisons stratégiques, afin de permettre à l'institution de se concentrer sur le développement de nouveaux cours.

Mme Desjardins précise que l'école entend continuer à offrir un cours optionnel qui permettra aux élèves de former un orchestre, ainsi qu'un cours de soir, ouvert à tous les élèves, qui leur donnera la possibilité d'acquérir des crédits supplémentaires.

L'élève de secondaire IV Tayjah Pierre-Hinkson soutient que ses cours de chant, donnés par un professeur privé, étaient vraiment l'un des temps forts de son parcours scolaire.

« J'aime passer du temps seule à seule avec mon professeur, dit-elle. Ça met de la lumière dans ta journée d'école. »

Tayjah et son amie Teale ont contribué à ébruiter la nouvelle jusque dans les médias. Elles ont aussi travaillé fort pour rallier d'autres élèves à leur cause.

Cette mobilisation a mené à la création du comité SOS Villa Maria, qui organise la marche de samedi. Celle-ci partira de la station de métro Villa Maria pour se rendre au parc Girouard, où un spectacle est prévu vers 11 h 15.

Les organisateurs dénoncent une annonce « brutale » et souhaitent « renverser cette décision insensée prise par la direction sans aucune consultation et pour des motifs obscurs ».

Ils rappellent aussi qu'une lettre cosignée par de grands noms de la musique tels que Yannick Nézet-Séguin et l'Orchestre Métropolitain, Nathalie Choquette, Oliver Jones et Michel Rivard a été publiée dans plusieurs journaux québécois à la mi-mars pour dénoncer la fermeture du programme.

Un compromis se dessine

« Je suis assez optimiste qu'on sera capable d'au moins les convaincre de nous laisser poursuivre le programme jusqu'à notre graduation », croit Teale Bishopric.

L'école n'a pas voulu dire si elle était prête ou non à négocier avec les élèves en ce qui concerne un éventuel report de la date de fin du programme.

Maureen Marovitch, dont la fille suit des cours de violoncelle dans le cadre du programme de musique de Villa Maria, a indiqué à CBC que les parents et les anciens élèves étaient aussi nombreux à se rassembler pour convaincre l'école de revoir sa décision.

Elle soutient que le nombre d'inscriptions ne reflète pas l'ensemble du tableau, ajoutant que la plupart des élèves ne s'inscrivent pas à des cours à options dans des domaines artistiques avant le secondaire II ou III et que le programme est mal publicisé à l'interne.

Selon Mme Marovitch, la fin du programme de musique représenterait une perte immense pour sa fille. « C'est sa passion », résume-t-elle.

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