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Des élèves habitant près d'une école forcés d'en fréquenter une autre beaucoup plus loin

Dans le quartier Pointe-Saint-Charles, à Montréal, des familles résidant près de l'école secondaire Monseigneur-Richard se plaignent de devoir envoyer leurs enfants dans une autre école secondaire, située à environ 45 minutes de transport en commun, dans le quartier Saint-Henri.

Ces familles ont le malheur de résider à la frontière du territoire desservi par la Commission scolaire de Montréal (CSDM). Or, l'école Monseigneur-Richard, située juste de l'autre côté de l'autoroute Bonaventure, dans l'arrondissement de Verdun, se trouve sur le territoire de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys.

« Pour nous, c'est énorme », renchérit David Peters, père de deux enfants lui aussi. « J'ai fait le calcul : on sauverait environ 1000 heures de transport public en allant à [l'école Monseigneur-Richard]. »

En entrevue au Téléjournal Grand Montréal 18 h, la présidente de la CSDM, Catherine Harel-Bourdon, a fait valoir que sa commission scolaire acceptait régulièrement des « demandes extraterritoriales » pour permettre à des élèves de l'extérieur de fréquenter des écoles de la CSDM et vice-versa.

« Il faut savoir qu'on a une trentaine d'écoles secondaires à la CSDM, donc beaucoup de programmes différents, de concentrations... On parle de musique, tous les arts, les sciences, des écoles internationales, des écoles de douance... », a-t-elle illustré, ajoutant que des exceptions pouvaient aussi être appliquées en cas de déménagement.

« Mais la question de la proximité n'est pas un critère qui est retenu », a-t-elle confirmé, arguant que des milliers d'élèves québécois vivant près des frontières des 72 commissions scolaires de la province se trouvaient dans une situation similaire.

Mme Harel-Bourdon a également souligné que, même si les autorisations étaient distribuées, les élèves vivant à Pointe-Saint-Charles devraient quand même se rendre à l'école Monseigneur-Richard en autobus, puisque les travaux que mène actuellement le ministère des Transports sur l'autoroute Bonaventure rendaient périlleux le déplacement des piétons dans le secteur.

Une cause de la CAQ

Jugeant la situation illogique, le porte-parole de la Coalition avenir Québec en matière d'Éducation, Jean-François Roberge, a interpelé le ministre Sébastien Proulx à l'Assemblée nationale, mardi. Celui-ci s'est montré empathique, sans pour autant laisser entendre qu'il entendait se mêler du dossier.

« Ce n'est pas le ministère de l'Éducation qui est en cause, ce sont des règles administratives de territorialité des commissions scolaires qui sont en cause. La pression qu'il souhaite, les autorisations qu'il souhaite, c'est aux commissions scolaires qu'il faut les demander, c'est aux commissaires scolaires de la Commission scolaire de Montréal qu'il faut la demander », a-t-il répondu à son vis-à-vis.

« Maintenant, M. le président, une fois que j'ai dit ce qu'il en était, je veux dire aux parents qu'ils n'ont pas à être otage d'une situation comme celle-là », a-t-il ajouté.

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