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Des entreprises comptent sur le Partenariat transpacifique pour accéder au marché asiatique

Alors que quantité d'entreprises canadiennes s'inquiètent que le Canada signe le Partenariat transpacifique (PTP), d'autres envisagent avec enthousiasme cette perspective.

« Beaucoup d'entreprises vont profiter de cet accord-là », affirme la vice-présidente principale et porte-parole nationale à la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, Martine Hébert.

« On pense par exemple aux industries dans les produits du plastique, les produits chimiques, on pense au niveau agricole, au bœuf, au porc, aux produits de la pêche, aux fruits de mer. C'est sûr que c'est un marché potentiel énorme, que le Canada doit faire partie d'un tel accord, ça va de soi », dit Mme Hébert.

Au Québec, non seulement l'accord fait miroiter la création de milliers d'emplois, mais il est susceptible d'être moteur de croissance et générateur de revenus, selon plusieurs entreprises.

Le Partenariat transpacifique ouvrira les portes du marché asiatique à des entreprises telles que Spectra Premium, un manufacturier de pièces automobiles basé à Boucherville, en banlieue de Montréal.

En 20 ans, le manufacturier de pièces d'automobiles a quadruplé ses opérations.

Spectra Premium emploie plus de 1200 personnes et ses ventes se chiffrent à près de 500 millions de dollars.

À l'aide d'une main d'oeuvre constituée à 90 % de travailleurs locaux, l'entreprise fabrique et exporte 90 % de ses produits à l'étranger. Bref, elle est tributaire des accords commerciaux.

Spectra Premium compte sur l'accord pour faire passer son chiffre d'affaire à un milliard de dollars au cours des cinq prochaines années.

Une occasion rare

Pour le président de Manufacturiers et Exportateurs du Québec, Éric Tétrault, le Partenariat transpacifique constitue une occasion rare de créer davantage de revenus et de faire croître l'économie québécoise.

Des négociations réunissant douze pays

Le Partenariat transpacifique fait l'objet de discussions actuellement entre les ministres des 12 pays membres du PTP et ce jusqu'à vendredi à Maui, à Hawaii. Entamées il y a 5 ans, ces négociations visent à créer la plus vaste zone de libre-échange au monde entre les États qui entourent le Pacifique. L'enjeu est de taille car le PTP, s'il se concrétise, englobera 800 millions de consommateurs et constituera 40 % de l'économie mondiale.

Une grosse ombre au tableau

Mais pour d'autres entreprises, le Partenariat transpacifique représente une menace au système de gestion de l'offre, un mécanisme qui équilibre l'offre et la demande. Un système auquel les producteurs canadiens d'oeufs, de lait et de volaille qui se trouvent essentiellement au Québec et en Ontario tiennent mordicus.

Mais cela ne devrait pas freiner le gouvernement canadien qui tient au Partenariat transpacifique.

« On est à quelques mois d'une élection fédérale, le premier ministre a indiqué à plusieurs reprises que cette négociation-là était très importante pour le Canada, on parle de l'ouverture sur l'Asie », souligne Carl Grenier, chargé de cours à l'Université Laval ainsi qu'à l'ENAP et membre associé de l'Observatoire des États-Unis de la Chaire Raoul Dandurand.

D'après le reportage de Maxime Bertrand

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