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Des environnementalistes retournent en cour pour sauver l'habitat de la rainette faux-grillon

Deux groupes environnementaux s'adressent de nouveau aux tribunaux pour stopper un vaste chantier résidentiel à La Prairie, en banlieue de Montréal, qui détruirait l'habitat de la rainette faux-grillon, classée espèce en péril au même titre que le béluga.

Un texte de Marie-Ève Maheu

Le Centre québécois du droit de l'environnement et Nature Québec viennent de déposer une demande d'injonction à la Cour fédérale pour obtenir l'arrêt des travaux.

Il y a un mois, la Cour fédérale avait sévèrement blâmé la ministre fédérale de l'Environnement, Leona Aglukkaq, pour son inaction dans le dossier de la rainette faux-grillon. Le juge lui reproche d'avoir ignoré l'avis scientifique de ses propres fonctionnaires en refusant d'adopter un décret d'urgence pour protéger l'espèce en péril à La Prairie.

La cour a donné six mois à la ministre pour refaire ses devoirs.

Mais en attendant la décision de la ministre, d'ici décembre, la construction de 1400 unités d'habitation dans le bois de la Commune va de l'avant. Une absurdité, selon le Centre québécois du droit de l'environnement et Nature Québec, d'où ce nouveau recours devant les tribunaux.

« Cette injonction-là, je pense que c'est vraiment la dernière chance pour la rainette faux-grillon, un petit sursis en espérant que la ministre en vienne à une décision qui va dans le sens de sa protection », explique la directrice du Centre, Karine Péloffy.

Pour les environnementalistes, le temps presse. « Il y a des maisons qui sont en train d'être construites, mais selon ce qu'on sait, la phase deux n'est pas encore commencée. Ça doit commencer en août, en septembre. » Le projet, baptisé Symbiocité, doit s'étirer sur plusieurs années. 

« Quand tout est déjà démoli, que la rue est bétonnée et que la maison est à moitié bâtie, il n'y en a pas plus de rainettes, donc ce n'est pas ces travaux qu'il faut stopper en priorité, mais plutôt ceux de déboisement, de drainage et de remblayage », explique-t-elle.

Pas question d'arrêter

La Ville et le promoteur plaident qu'ils ont obtenu toutes les autorisations nécessaires pour aller de l'avant, dont celle du ministère de l'Environnement du Québec. Ils rappellent aussi que la moitié du terrain à développer, l'équivalent de 160 terrains de football américain, est destiné à un parc de conservation. 

Il était toutefois impossible d'obtenir des commentaires au sujet de la demande d'injonction. La Prairie n'accorde pas d'entrevue sur le sujet, et personne n'était disponible pour commenter du côté du promoteur, Quintcap, durant la période des vacances de la construction.

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