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Des étudiants montréalais fabriquent un catamaran de course

C'est une course de catamaran de classe C qui allie vitesse et technologie. L'épreuve de la « Little cup » du lac Léman à Genève, en Suisse, attire les équipages les plus expérimentés du globe. Cette année, d'audacieux étudiants montréalais ont décidé d'aller jouer dans la cour des grands et ont créé de toutes pièces leur propre catamaran.

Un texte de Vincent Maisonneuve

« On est la seule équipe universitaire. Les autres équipes qui prennent part à la course ont déjà participé à des compétitions. On peut les qualifier d'équipes professionnelles », lance Sylvain Viallon, le capitaine de l'équipe de l'École de technologie supérieure (ETS) de Montréal.

Lors de notre passage, à deux semaines du départ pour Genève, l'équipe procédait à quelques ajustements sur le trampoline. Leur catamaran, nommé Rafale, n'a pas encore sa peinture ni ses couleurs de course. Mais le bateau peut enfin naviguer et espérer se mesurer aux bateaux les plus rapides de la catégorie.

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« On est fin juillet, on a un bateau qui est opérationnel. À partir d'aujourd'hui, on navigue dès que possible, dès que les conditions nous le permettent », explique le capitaine.

Le catamaran représente presque deux ans d'efforts. Des milliers d'heures de travail le soir après les cours. Ils ont tout fait eux-mêmes. Sylvain Viallon raconte qu'il fallait créer la structure.

Le cocapitaine de l'équipe, Xavier Grossmann, admet s'être rapidement « rendu compte de l'énormité du projet » et de toutes les heures qu'ils devaient y consacrer. « Maintenant, ça fait deux ans que l'on passe notre vie à faire ça et on ne le regrette pas. »

« Notre budget est relativement faible. On a 150 000 $. Ça inclut tout. Ça inclut la fabrication, l'envoi du bateau en Europe et la compétition », ajoute Xavier Grossmann, précisant que « les autres équipes ont des budgets qui varient entre 5 et 10 millions de dollars ».

Le capitaine de l'équipe Sylvain Viallon explique que le catamaran de classe C est « une machine différente d'un bateau à voile traditionnel. On a une aile qui est vraiment différente de la voile. C'est une aile rigide avec un comportement un petit peu différent ». L'un des tours de force a justement été la conception et l'assemblage de l'immense aile de 28 mètres carrés.

Débrouillardise et audace

« C'est le moteur de notre bateau. C'est quelque chose de similaire à l'aile d'un avion, mais à la verticale », souligne le responsable de la fabrication, Bruno Giuntoli. À eux seuls, les moules pour fabriquer certaines composantes de carbone coûtent, en temps normal, des milliers de dollars sur le marché. En faisant preuve d'ingéniosité, les concepteurs du Rafale ont réussi à faire les pièces à une fraction du prix.

« Tout a été pensé pour que ce soit le plus simple possible », dit Bruno Giuntoli.

Mais le manque de temps et de moyens financiers impose certaines limites. L'équipage recruté pour être aux commandes du Rafale lors de la course a beau avoir de l'expérience sur ce type d'embarcation, les deux pilotes n'auront que quatre ou cinq occasions de tester le catamaran sur l'eau.

Et lors de ces entraînements, le vent n'est pas toujours au rendez-vous. « Ce que l'on veut, en partant pour cette compétition, c'est que le bateau finisse les courses en une seule pièce, admet Xavier Grossmann. Nous souhaitons que l'équipage et l'équipe technique aient le plus de plaisir possible. »

Avec une fraction du budget de certaines équipes professionnelles, les chances de victoire sont minces. Mais en faisant preuve de débrouillardise et d'audace, le groupe d'étudiants a bâti un bateau capable de naviguer avec les meilleurs.

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