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Des familles angoissées par la fermeture d'un centre pour handicapés de Saint-Jérôme

À Saint-Jérôme, la fermeture d'ici le 15 avril prochain du Pavillon Sainte-Marie, un centre de réadaptation, de soins de santé et d'hébergement pour 63 personnes lourdement handicapées, est un véritable déchirement pour les familles de ces résidents.

Quelques dizaines de représentants de ces familles et des citoyens se sont d'ailleurs rassemblés devant l'établissement, vendredi, dans le but de mobiliser l'opinion publique contre la décision gouvernementale de fermer le Pavillon Sainte-Marie, après plus de quarante ans d'existence.

Le député péquiste de Saint-Jérôme et chef de l'opposition officielle, Pierre Karl Péladeau, s'est joint aux manifestants, dénonçant ce qui est, pour lui, une compression qui s'inscrit dans les mesures d'austérité imposées par le gouvernement de Philippe Couillard.

De Saint-Jérôme à Mont-Laurier

Le départ des patients du Pavillon Sainte-Marie est imminent; certains partiront dès lundi. Selon les cas, ils seront relocalisés dans des centres hospitaliers de soins de longue durée (CHSLD) ou dans ce qu'on appelle des « ressources intermédiaires », c'est-à-dire des maisons d'accueil ou des résidences de groupe dirigées par des personnes qui sont mandatées par des établissements publics.

Denise Hudon, présidente du Comité des résidents du Pavillon Sainte-Marie, visite au moins deux fois par semaine sa fille qui vit depuis pas moins de 30 ans dans cet établissement. Elle a refusé net la proposition que lui a faite le gouvernement de relocaliser son enfant à plus de 120 kilomètres de là, soit à Mont-Laurier ou encore à Rivière-Rouge.

« J'ai installé ma fille ici il y a 30 ans parce que je la savais proche et en sécurité, dit Mme Hudon. Et c'est le cas de tous les parents dont les enfants sont ici. »

Des personnes démunies et incapables de communiquer

Denise Hudon décrit en ces termes la majorité des résidents du Pavillon Sainte-Marie : « Ces gens-là sont démunis, ils n'ont pas les moyens de s'exprimer, de se faire comprendre autrement que par des cris, des pleurs ou de l'automutilation ».

L'ancien directeur des services professionnels et de réadaptation du Pavillon Sainte-Marie, Yvon L'Abbé, parle de la fermeture imminente comme d'une décision brutale. Il craint qu'on n'ait pas pris le temps nécessaire pour bien évaluer les besoins des usagers.

« Faire l'évaluation des besoins spécifiques dans un temps aussi court, pour moi, ça m'apparaît un peu utopique, dit M. L'Abbé. Il faut tenir compte aussi de l'ensemble des outils spécialisés que ça nécessite pour faire de telles évaluations ».

Des installations désormais vétustes

Les familles des résidents et les employés du Pavillon Sainte-Marie ont appris le 2 mars dernier, dans la consternation, la décision du Centre intégré de santé et de services sociaux des Laurentides (CISSS) de mettre la clé sous la porte de l'établissement.

La direction du CISSS des Laurentides affirme que l'endroit est devenu vétuste, citant notamment l'absence de gicleurs.

Le président directeur général adjoint du CISSS, Daniel Corbeil, affirme qu'« il n'est plus dans les standards actuels de construire des grandes institutions pour répondre aux besoins des gens qui ont des problèmes de déficience intellectuelle, de trouble du spectre de l'autisme et de déficience physique ».

Des « conséquences graves », selon le syndicat

Par voie de communiqué, au lendemain de l'annonce faite par le CISSS, le Syndicat des employés de service, affilié à la FTQ, a fait état des « conséquences graves » qu'aura cette fermeture pour les résidents. 

Des 131 employés du Pavillon Sainte-Marie, le CISSS s'engage à en réaffecter 73, soit ceux qui ont leur permanence, aux dires du syndicat qui soutient qu'une cinquantaine de personnes se retrouveront sans emploi, d'ici avril.

Un investissement qui s'est envolé

Les opposants à la fermeture du Pavillon Sainte-Marie rappellent par ailleurs qu'en octobre 2013, le gouvernement de la province avait annoncé qu'il investirait 38 millions de dollars pour reconstruire l'établissement et mettre les installations à niveau.

« On nous a dit que c'est le gouvernement qui, au 21 décembre dernier, aurait dit non à la reconstruction par le Groupe Champlain, qui avait un programme de fait et un projet, qui avait été présenté », affirme Denise Hudon, du Comité des résidents.

Mme Hudon réclame une rencontre avec la direction du CISSS des Laurentides et déplore qu'on commence à déloger en premier les résidents qui sont sous la responsabilité du Curateur public. « La curatelle a dit ''oui, déménagez-les", mais nous, on veut pas que ça se fasse en catastrophe comme ça. On veut pas que ça ferme, point. »

Avec les informations de Marc Verreault et d'Ève Couture

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