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Des funérailles à Montréal pour trois des victimes de la tuerie de Québec

Les funérailles de trois des six victimes de la tuerie perpétrée à la grande mosquée de Québec seront célébrées jeudi à l'aréna Maurice-Richard, a annoncé mercredi le maire de Montréal, lors de la rencontre du comité exécutif. La cérémonie débutera à midi.

Les Montréalais pourront alors rendre un dernier hommage à Abdelkrim Hassane, Khaled Belkacemi et Aboubaker Thabti, bien que la cérémonie, célébrée selon le rite funéraire musulman, soulignera aussi la mort des autres victimes.

Après avoir rencontré des imams et d'autres représentants de la communauté musulmane en matinée, M. Coderre a précisé que ces funérailles ont lieu à Montréal afin que les corps des victimes puissent être rapidement rapatriés dans leur pays d'origine, où ils seront enterrés.

« Tout le monde est invité », a pris soin d'indiquer le maire, en précisant que l'aréna compte 5600 places assises, sans compter la superficie de la patinoire. Il invite la population à utiliser les transports en commun pour se rendre sur les lieux.

Abdelkrim Hassane, 41 ans, avait trois filles âgées de 10 ans, 8 ans et 15 mois. Arrivé au Québec en provenance de l'Algérie en 2010, il travaillait comme analyste-programmeur pour le gouvernement du Québec.

Khaled Belkacemi, 60 ans, était professeur en génie alimentaire à la Faculté des sciences de l'agriculture et de l'alimentation de l'Université Laval et chercheur affilié à l'Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels. Également d'origine algérienne, il était père de deux enfants aujourd'hui adultes.

Aboubaker Thabti, 44 ans, était le père de deux enfants de 3 et 11 ans. Il résidait à Québec depuis 2011 et travaillait comme chef d'équipe chez Exceldor.

Le maire Coderre a profité de l'occasion pour souligner qu'il est « extrêmement fier » de voir à quel point les Montréalais, et les Québécois en général, ont fait preuve de solidarité avec la communauté musulmane cette semaine. « Montréal a toujours carburé à la diversité. C’est notre force, ça fait partie de notre ADN », a-t-il dit.

« On a tous une responsabilité pour s’assurer que tout le monde, en toute quiétude, se sente citoyen à part entière », a aussi fait valoir M. Coderre.

Un problème de cimetière

En entrevue sur ICI RDI, la présidente de l'Association de la sépulture musulmane du Québec, Hadjira Belkacem, explique qu'en l'absence de cimetière musulman à Québec les familles des victimes sont placées devant un choix « très déchirant » : rapatrier les dépouilles des défunts à Montréal ou dans leur pays d'origine.

« C’est seulement à Montréal qu'il y a des salons funéraires qui offrent ce service et des cimetières » pour les musulmans, indique-t-elle, en précisant que son association tente de résoudre le problème depuis 2014.

Selon Mme Belkacem, « la plupart des [Québécois musulmans] désirent être enterrés ici, mais le manque de cimetière fait obstacle, malheureusement », de sorte qu'environ la moitié des défunts sont finalement portés à leur dernier repos dans leur pays natal.

La difficulté d'obtenir des cimetières pour les musulmans québécois s'explique par des « règlements un peu compliqués », selon elle. En attendant de trouver une solution permanente, son association opte pour des sections réservées dans des cimetières existants. « C’est plus facile, c’est moins coûteux et c’est idéal pour l’entretien en général des sépultures. »

Hadjira Belkacem dit avoir récemment discuté de la situation avec l'abbé François Sarrasin, chancelier du diocèse de Montréal, qui s'est montré « très ouvert » à trouver une solution. « Je pense qu’on va avoir de bons résultats », a-t-elle conclu.

Le maire Coderre a précisé que la décision d'enterrer MM. Hassane, Belkacemi et Thabti dans leur pays d'origine n'est pas attribuable à cette situation. Le problème doit tout de même « être réglé », a-t-il convenu.

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