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Des groupes pro et anti-immigration s’opposent à Hemmingford

La tension était palpable samedi après-midi près de la frontière canado-américaine à Hemmingford, en Montérégie, tandis que des groupes pro et anti-immigration se sont opposés sous haute surveillance policière, à l'occasion de la fête du Canada.

C’est l’organisation québécoise Storm Alliance, qui milite contre les politiques d’immigration du gouvernement de Justin Trudeau depuis environ six mois, qui a d’abord lancé un appel à manifester.

L’objectif était de dénoncer l’immigration illégale, des centaines de réfugiés ayant traversé la frontière à Hemmingford depuis février.

« Il y a des gens dans le besoin qui traversent ici et c’est très correct, mais il y a des gens avec de moins bonnes intentions qui traversent aussi, c’est prouvé. On veut aussi que les libéraux s’occupent des immigrants une fois qu’ils sont entrés parce que ça ne se fait pas présentement », a affirmé Dave Tregget, le président et fondateur de Storm Alliance.

Une courte distance séparait Storm Alliance du groupe Solidarité sans frontières, qui défend les droits des immigrants et des réfugiés. Les membres ont décidé de se déplacer à Hemmingford lorsqu’ils ont eu vent de la manifestation organisée par Storm Alliance.

« C’est déjà risqué [de traverser la frontière]; la dernière chose qu’ils [les réfugiés] ont envie de voir, ce sont des gens d’extrême droite qui leur disent qu’ils n’ont pas leur place ici », a expliqué un manifestant dans les rangs de Solidarité sans frontières.

Un accueil inhabituel

C’est devant ce comité d’accueil inhabituel qu’une famille de migrants a traversé la frontière. « Welcome refugees » (bienvenue aux réfugiés), ont notamment scandé les manifestants pro-immigration.

La famille a immédiatement été prise en charge par la GRC.

L’Entente sur les tiers pays sûrs, entrée en vigueur en 2004, empêche les réfugiés en provenance des États-Unis de réclamer l’asile au Canada par les canaux officiels. Plusieurs d’entre eux, qui craignent d’être expulsés des États-Unis depuis l’entrée au pouvoir de Donald Trump, traversent la frontière illégalement pour pouvoir demander le statut de réfugié.

« Si on voit que leur réclamation semble légitime [...] et qu’ils ne posent pas de menace à la sécurité nationale, ils sont remis à l’Agence des services frontaliers [et peuvent faire leur demande] », a expliqué le sergent d’état-major de l’Équipe intégrée des frontières de la GRC Brian Byrne, qui se trouvait sur place.

Les demandes d’asile ont presque quadruplé en trois ans au Québec, selon l’Agence des services frontaliers. En 2016, 2500 personnes sont passées par les points d’entrée terrestres de la province.

D'après le reportage de Sébastien Desrosiers

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