BILLET - Pour une rare fois dans ma nouvelle carrière médiatique, il m'est impossible de me prononcer sans l'ombre d'un doute sur certains aspects du Canadien de Montréal (1-2-0).

Avec mon expérience acquise au fil des années dans le hockey, l'évidence me saute habituellement aux yeux. Cette année, c’est une tout autre situation.

Commençons par le début.

Comme bâtisseur d'une équipe, il est impératif de s’attaquer d’abord à l'arrière. Ce n'est pas un mythe.

Devant le filet

Le CH possède l'un des meilleurs gardiens sur le plan technique, sinon le meilleur : Carey Price. Plusieurs diront que la Sainte-Flanelle a été trop généreuse envers son cerbère, premier de classe. Personnellement, j'ai toujours cru que la réelle valeur d'un joueur est celle du marché.

Quelle est celle de Price? Au-delà de 10,5 millions par saison en moyenne pour huit ans, je vous l'assure. Pour bien digérer le tout, le CH a réalisé des économies de quelques millions de dollars pour le meilleur gardien de la LNH.

J'entends déjà les gens me dire : « Bien voyons! Il n'a jamais gagné la Coupe Stanley! » Je vous mets au défi de me nommer un gardien de but qui l'a gagnée seul. Et pourquoi devrait-il nécessairement avoir soulevé le Saint-Graal pour qu’on le reconnaisse comme le meilleur?

En séries, l'an passé, pouvait-il se reprocher grand-chose avec une moyenne de buts accordés de 1,86 et un taux d'efficacité de ,933?

Le seul bémol avec Carey, c’est qu'on veut réduire sa charge de travail. À cela, je dis : jamais, au grand jamais! Surtout pas avec ce qu’Al Montoya nous a montré en matchs préparatoires.

En conclusion, chers partisans, notre équipe est solide entre les poteaux, et ce, malgré la dégelée de samedi soir dernier.

La brigade défensive

Les pertes d’Andrei Markov, d'Alexei Emelin et de Nathan Beaulieu vont assurément se faire sentir – à moins que Claude Julien conçoive le système défensif 3.0 à la fine pointe de la technologie qui fera en sorte que ses ouailles passeront le moins de temps possible dans leur territoire.

Les Brandon Davidson, Joe Morrow et compagnie sont loin d’avoir réussi à nous faire oublier ces trois partants de l’an dernier. Très loin, même. Souhaitons que David Schlemko parviendra à mettre un baume sur cette plaie encore bien vive.

Il y a de l'espoir, par contre, avec l'impressionnant Victor Mete. Arrivé de nulle part, sans tambour ni trompette, il a forcé les employés du Centre Bell à le mettre sous les projecteurs. Et ils ne l'ont jamais quitté depuis.

Mais n'allez pas trop vite. Compte tenu de son inexpérience, Mete pourra connaître du succès aux côtés du grand frère Shea Weber, et pas ailleurs. Il doit être protégé, encadré, tranquillisé et sécurisé.

D'ici quelques années, il pourra assurer la défense avec n'importe qui, mais pas pour le moment, ce qui rend son poste un peu précaire. Aucun autre défenseur que le grand Shea ne peut s'acquitter de cette tâche minutieuse.

En conclusion, je suis plus perplexe que jamais. Votre analyse est aussi bonne que la mienne.

À l'attaque

Le sourire édenté de notre bien-aimé Radu après un but ou une belle passe va nous manquer, c'est certain.

Il est facile de lancer la pierre à Marc Bergevin. Mais dans cette situation, le joueur a tous les pouvoirs, à moins que le directeur général se déshabille avec une offre ridicule qui pourrait le mettre dans le pétrin pour des années à venir. Le joueur a choisi. Tournons la page.

Celui qui nous fera oublier assez rapidement Alexander Radulov est le « magicien » Jonathan Drouin. Avec ses yeux tout le tour de la tête, il est doté d'un sixième sens. Il réussira à vous faire lever de votre siège comme le valeureux Alex Kovalev dans ses belles années avec le CH.

Le capitaine Max Pacioretty en profitera sans aucun doute. Sans rien enlever à David Desharnais et à tous les joueurs de centre qui ont été placés à ses côtés, Pacioretty pourra enfin aspirer à une saison de plus de 40 buts.

Il nous a certainement montré qu'il pouvait marquer. La preuve : il a été l'un des meilleurs buteurs de la LNH à l'aile gauche dans les quatre dernières années sans premier joueur de centre digne de ce nom.

Brendan Gallagher n'a qu’à se diriger vers le filet et à faire ce qu'il fait de mieux, soit déranger le gardien et faire sortir l’adversaire de ses gonds.

Quand nous constatons qu'un marqueur de 20 buts, Paul Byron, se trouve dans le quatrième trio, faut-il croire que le Canadien a de la profondeur? Ça reste à voir.

Pour ma part, j'aurais aimé qu'on aide Alex Galchenyuk à reprendre confiance rapidement et à retrouver une paix d'esprit en l’associant à Pacioretty et Drouin. Par contre, je comprends que disperser ses joueurs talentueux dans plusieurs trios pour créer une menace offensive de tous les instants est un gage de succès.

Claude Julien va-t-il prôner la stabilité et la patience avec ses trios, contrairement à Michel Therrien qui, comme une girouette, changeait constamment d'idée?

En résumé, les trios semblent bien équilibrés et redoutables. Reste à voir si la sauce prendra.

L'entraîneur n'a aucune marge de manoeuvre en défense et sur le plan disciplinaire. Les joueurs devront emboîter le pas rapidement, car les points sont aussi importants en octobre qu’en avril.

Voyons toutefois si Julien aura choisi le bon système de jeu pour ses joueurs.

À une certaine époque, les joueurs devaient s'adapter à l'entraîneur. Plus maintenant, mon cher Claude. Mais ça, tu le sais déjà.

Bonne saison à tous!

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