Retour

Des logements pour des familles monoparentales

La vie est souvent loin d'être facile pour les femmes qui élèvent leurs enfants seules. Dans l'arrondissement d'Ahuntsic-Cartierville, à Montréal, un organisme a décidé de leur donner un coup de pouce en leur offrant des logements abordables et des services pour qu'elles puissent réaliser leurs rêves.

Un texte d'Olivier Bachand

Sandra Deshommes a emménagé dans l'immeuble à logements géré par l'organisme Mon toit, mon Cartier quelques semaines avant la naissance de son fils, maintenant âgé de 1 an.

La jeune femme d'origine haïtienne, qui est arrivée au pays après le séisme de 2010, voulait fuir les tensions et les disputes vécues à son domicile précédent pour élever son enfant.

« Ici, tu trouves des gens qui t'encouragent, qui te disent : "Vas-y, t'es capable, fonce!" », explique la nouvelle maman, son bébé dans les bras.

Sandra est l'une des 14 mères de famille qui ont réussi à obtenir une place dans un immeuble d'Ahuntsic-Cartierville, qui s'adresse uniquement aux familles monoparentales.

Toutes les locataires paient au maximum le quart de leurs revenus pour s'y loger et ont aussi accès à des services. Une intervenante, Nathalie Lavallée, est présente cinq jours par semaine pour aider les femmes qui ont besoin d'un coup de pouce.

« Mon travail ici, c'est entre autres d'offrir un soutien aux femmes qui sont locataires. Je les accompagne dans à peu près tout ce qu'elles vivent », explique Mme Lavallée. Je suis là si elles ont besoin de ventiler, parce que [quand on élève] des enfants quand on est seule, parfois, on a besoin de prendre une pause, de prendre du recul. Je suis là pour les rassurer, pour les encadrer. »

Cette aide est très appréciée par Sandra. « Quand je me sens triste [Nathalie] vient me parler, me donner des conseils », précise-t-elle.

Les locataires peuvent aussi cogner à la porte de la Maison des parents de Bordeaux-Cartierville, qui a ses locaux dans le même immeuble.

Réaliser un projet de vie

Chaque locataire peut résider dans l'immeuble de trois à cinq ans, le temps de réaliser un projet qui lui est cher et qui lui permettra de retrouver une certaine stabilité dans la vie.

« On est un logement transitoire. On veut que les femmes évoluent dans leurs démarches, explique la présidente du conseil d'administration de Mon toit, mon Cartier, Maddy Lespinasse. Il y a des personnes qui peuvent avoir comme projet de rétablir leur santé, de retourner aux études, de trouver un emploi. Peu importe le projet, l'idée, c'est d'avancer. »

Rosario Martinez est la preuve vivante que cette formule peut donner de bons résultats. La femme d'origine mexicaine, qui habite l'immeuble avec ses trois enfants, a pu terminer un baccalauréat en étudiant à temps plein.

Le jour de notre visite, elle venait d'apprendre qu'elle avait décroché un emploi. « Aujourd'hui, j'ai reçu une bonne nouvelle, j'ai été acceptée comme travailleuse sociale au CIUSSS du Nord-de-l'Île-de-Montréal », lance-t-elle, un large sourire aux lèvres.

Vivre dans un immeuble sécuritaire, payer un loyer abordable et avoir du soutien l'ont sans aucun doute aidée à atteindre son objectif. Elle n'oubliera jamais l'aide qu'elle a obtenue. « Ça nous donne un futur, ça nous donne l'opportunité aussi d'accomplir nos rêves », dit-elle.

Dans quelque temps, elle pourra céder sa place à une autre femme qui en a besoin.

Quant à Sandra Deshommes, elle compte reprendre ses études collégiales l'an prochain.

Plus d'articles

Commentaires