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Des maires de l'île veulent obtenir le virage à droite aux feux rouges

Quinze maires d'arrondissements s'unissent pour demander le virage à droite aux feux rouges sur l'île de Montréal. La métropole québécoise et New York sont les deux seules villes d'Amérique du Nord à prohiber cette manoeuvre.

Au nom des 15 maires des villes liées de l'île de Montréal, les maires de Montréal-Est, de Beaconsfield et de Mont-Royal ont tenu une conférence de presse pour officialiser leur demande au ministre des Transports du Québec, Laurent Lessard.

« C’est une pratique qui se fait partout au Canada, partout en Amérique du Nord, sauf à New York », a justifié le maire de Montréal-Est, Robert Coutu, sur les ondes de RDI. « C’est rendu une question de logique, de gros bon sens », a-t-il poursuivi, précisant qu’il y aura une consultation publique après les fêtes.

« Il y a des mesures à prendre autour des services sociaux comme les écoles et les hôpitaux », consent toutefois M. Coutu, qui affirme que les maires des villes liées souhaitaient prendre l'initiative dans le dossier.

Les maires estiment parler au nom « de la majorité de la population de l’île de Montréal autant celle des villes liées que celle de Montréal ».

Fort d’un sondage commandé à la firme Crop, le maire de Mont-Royal, Philippe Roy, a indiqué que 74 % des répondants s’étaient prononcés en faveur du virage à droite aux feux rouges.

« On a été très, très surpris des résultats du sondage, confie le maire Roy. Trois Montréalais sur quatre – et le chiffre est encore plus grand dans la ville de Montréal que celui dans nos villes liées – souhaitent régulariser la situation. »

Je ne vois pas la pertinence de le permettre présentement.

Le maire de Montréal, Denis Coderre

« Les statistiques du ministère des Transports prouvent que le comportement des Québécoises et des Québécois est identique aux automobilistes de partout ailleurs au Canada et aux États-Unis pour le virage à droite sur feu rouge », a déclaré le maire de Mont-Royal, Philippe Roy. « Le bilan routier prouve l’amélioration des comportements. »

Les maires citent des statistiques de la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ) pour étayer leurs propos. Ils mentionnent que le nombre de véhicules a pratiquement triplé de 1973 à 2015 (2,2 millions de véhicules à 6,3 millions) et que le nombre de morts sur les routes a diminué de 83 % (2200 morts à 361) au cours de cette même période.

Les maires soulignent également que seulement 1 % des accidents avec blessés sont causés par un virage à droite sur feu rouge.

M. Coutu compte sur l’éducation des automobilistes pour assurer la sécurité des piétons et des cyclistes montréalais, dont certains craignent l’entrée en vigueur du virage à droite aux feux rouges.

Les maires avancent également l’argument écologique et de la Santé publique en faveur du virage à droite. Il soutiennent que la consommation d’essence d’une voiture - immobilisée inutilement à un feu rouge - ajoute aux rejets de pollution dans l’atmosphère. « Il y a un coût social à ne pas le faire », conclut-il.

Le maire de la plus grosse ville de l’île de Montréal, Denis Coderre, s’est toutefois inscrit en faux face à cette demande. Les maires des 15 autres villes avaient déclaré, en conférence de presse, avoir contacté M. Coderre et que ce dernier leur avait simplement souhaité bonne chance.

Alors que le ministre des Transports n’était pas disponible pour une entrevue, son ministère affirme « prendre acte » de la demande des maires, même si le dossier n’était pas dans les cartons du ministère à court ou moyen terme.

Le ministère estime toutefois que les consultations publiques sur le code de la sécurité routière offriront un cadre pertinent pour effectuer des propositions.

Le club automobile CAA refuse de se prononcer, soulignant l’importance de prendre en considération les populations vulnérables.

L’organisme Vélo Québec a déjà signifié son opposition à la mesure, invoquant la sécurité des piétons et des cyclistes.

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