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Des milliers d'appuis pour la soeur d'une femme autochtone assassinée

Amnistie internationale remettra mercredi des milliers de cartes d'encouragements à Melanie Morrison, une femme de Kahnawake qui se bat depuis près de 12 ans pour que les circonstances de la mort de sa soeur soient élucidées.

Un texte d'Anouk Lebel

Mère d’une petite fille, Tiffany Morrison ne devait pas rentrer tard après être sortie dans un bar de LaSalle, le 18 juin 2006. Mais la jeune femme de 24 ans n’est jamais revenue chez elle à Kahnawake, une communauté mohawk au sud de Montréal.

Il a fallu quatre ans pour que ses restes soient découverts dans un boisé près du pont Honoré-Mercier, près de chez elle. Depuis, on ignore toujours qui l’a tuée.

Melanie Morrison gardera espoir que le mystère soit résolu tant que l’enquête restera ouverte. « J’ai de l’espoir tant que les gens continuent à téléphoner pour donner de l’information », dit-elle.

La famille sait que Tiffany a été vue en train de monter dans un taxi avec homme vivant lui aussi à Kahnawake.

Selon Melanie Morrison, le témoignage que cet homme a livré aux policiers est incohérent. Il ne se souvenait pas des détails de la soirée, notamment du type de voiture dans laquelle il est monté. Il aurait aussi raconté être descendu en premier, ce qui « n'a pas de sens », croit Melanie Morrison.

Le nom de la compagnie de taxi n'a été révélé à la famille que deux ans après la découverte des restes de Tiffany, souligne-t-elle.

Des panneaux de recherche sont toujours affichés dans la communauté. La famille a amassé 75 000 $ pour offrir une récompense à quiconque qui aurait de l'information à propos du crime.

« Je sais que quelqu'un sait quelque chose », laisse tomber Melanie Morrison.

Une campagne de soutien

Amnistie internationale Canada francophone soutient la famille de Tiffany Morrison dans sa quête de justice depuis plusieurs années.

Melanie Morrison a reçu le prix Ambassadeur de la conscience d’Amnistie internationale en 2017, aux côtés notamment de Melissa Mollen Dupuis et du sénateur Murray Sinclair, qui représentent la force et la diversité du mouvement des droits des Autochtones au Canada.

Elle est aussi l'une des dix personnes qui ont été ciblées dans le cadre de ses marathons d'écriture 2017. Des milliers de cartes qui saluent son courage et l'encouragent à continuer son combat ont été écrites dans le cadre de cette campagne. Elle lui seront remises lors d'une cérémonie à la Maison du développement durable, à Montréal.

« C’était important de soutenir Mme Morrison dans son combat pour la justice », explique pour sa part la directrice générale par intérim d'Aministie internationale Canada francophone, Geneviève Paul.

Les campagnes de cartes d'Aministie internationale à l'intention des prisonniers politiques se traduisent dans trois quarts des cas par une libération, souligne-t-elle.

Dans ce cas-ci, elle espère que justice sera rendue pour Tiffany Morrison, mais aussi pour les autres femmes autochtones disparues ou assassinées dont les cas ne sont pas résolus.

Un système de justice « brisé »

Les récents verdicts dans les cas de Colten Boushie et Tina Fontaine montrent qu'il y a urgence d'agir pour changer un « système de justice brisé », croit Melanie Morrison.

Le mois dernier, Raymond Cormier a été reconnu non coupable du meurtre au second degré de Tina Fontaine, une l’adolescente de 15 ans, retrouvée morte dans la rivière Rouge, à Winnipeg, en août 2014.

Un jury de 12 personnes a aussi acquitté le fermier Gerald Stanley du meurtre de Colten Boushie, un adolescent a tué par balle sur une ferme près de Biggar, en Saskatchewan, en août 2016.

Melanie Morrison participe à l'organisation des audiences de l'Enquête nationale pour les femmes et les filles autochtones disparues ou assassinées, qui se tiennent à Montréal à partir du 12 mars.

Elle y racontera encore une fois l'histoire de Tiffany. Car, même si elle est disparue depuis 12 ans, il faut rappeler aux gens que l'enquête est toujours ouverte, dit-elle.

Elle suivra aussi avec attention la Commission d'enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec (CERP), qui revient à Montréal pour deux semaines à partir du 12 mars.

Les audiences permettront aux familles autochtones du Québec de faire entendre leur voix, selon elle.

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