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Des Montréalais derrière le voyage de Dennis Rodman en Corée du Nord

L'ex-basketteur américain Dennis Rodman se rend en Corée du Nord grâce au soutien de Potcoin, une cryptomonnaie créée à Montréal. Radio-Canada a parlé à celui qui a inventé la cryptomonnaie et celui qui est derrière le coup publicitaire.

Un article de Bahador Zabihiyan

L'ex-joueur aux piercings et lunettes de soleil compte rester cinq jours à Pyongyang. Il a été accueilli lundi par des responsables nord-coréens à l'aéroport, selon l’agence Chine nouvelle, citée par Reuters. Alors qu'il se trouvait en transit à l'aéroport de Pékin, il a dit à la presse venir à titre personnel, mais vouloir « ouvrir la porte », selon Reuters.

C'est à partir de Montréal que sa visiste en Corée du Nord a pu être financée. Elle a été commanditée par Potcoin, une cryptomonnaie créée à Montréal, dont le logo était bien en vue sur le t-shirt qu'arborait M. Rodman lors de son arrivée à Pyongyang.

Potcoin se décrit comme une communauté d'utilisateurs qui veulent promouvoir cette cryptomonnaie plutôt qu'une compagnie privée.

Le Montréalais Shawn Peretz est celui qui a eu l'idée de faire appel aux services de Dennis Rodman pour promouvoir le potcoin. Il possède « Potcoin Trade », une société par actions, dans le domaine du développement et de la vente de services informatiques et celui des cryptomonnaies. « Notre équipe a eu connaissance d'une occasion [d'affaires] avec Dennis Rodman, on l'a contacté », dit M. Peretz, en entrevue avec Radio-Canada.

M. Peretz explique entre deux entrevues qu'il a lui même rencontré l'ex-star de la NBA pour conclure une entente.

Un autre Montréalais impliqué dans le projet est Éric Hamgar, qui travaille pour WeedMD.com, une entreprise qui veut développer les dispensaires de marijuana au Canada.

« On s'est fait demandé, tous les membres, si on était d'accord de commanditer son voyage, donc il nous a demandé de payer pour son billet d'avion et ses dépenses là-bas », dit M. Hamgar.

Cryptomonnaie pour l'industrie de la marijuana

C’est en 2014 que la devise virtuelle Potcoin a été créée par le Montréalais Joel Yeffe. Il a voulu inventer une monnaie virtuelle pour aider les dispensaires de marijuana au Colorado. Ces derniers ne peuvent ouvrir de compte bancaire, même si le cannabis à usage récréatif est légal dans cet État américain.

« Tu peux acheter du cannabis là-bas, mais les dispensaires ne peuvent pas avoir de compte de banque et il y a besoin de trouver de nouvelles façons de faire des dépôts », explique M. Yeffe en entrevue avec Radio-Canada.

La monnaie virtuelle reste marginale pour l’instant. Elle valait 11 ¢ lundi. Le voyage de Dennis Rodman en Corée du Nord a fait doubler sa valeur à plus de 20 ¢, mardi. Le voyage de M. Rodman a été payé par Potcoin, mais la compagnie ne précise pas les détails de leur entente.

M. Yeffe assure qu’il ne savait pas que Potcoin avait conclu une entente avec M. Rodman. Il ne s’occupe plus de la gestion de la cryptomonnaie. Il a préféré se consacrer à d’autres projets, notamment à son entreprise de marketing numérique.

Cryptomonnaie critiquée

Jonathan Hamel, entrepreneur et investisseur dans le domaine des cryptomonnaies, se montre très sceptique au sujet du Potcoin. Il compare la cryptomonnaie à des « penny stocks », des actions à quelques cents, dont le cours est très volatile et qui attirent surtout les spéculateurs.

M. Hamel estime que le coup marketing va créer une demande artificielle surélevée pour le Potcoin, dont la valeur va rapidement redescendre.

« C’est vraiment juste une copie de bitcoin qui n’a pas vraiment d’utilité ni de valeur », dit M. Hamel.

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