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Des organismes du Centre-Sud s'inquiètent de la vente de la Maison de Radio-Canada

La perspective que la maison de Radio-Canada soit mise en vente suscite l'inquiétude d'une douzaine d'organismes préoccupés du développement de l'arrondissement de Ville-Marie et en particulier du quartier Centre-Sud, où est située la société d'État.

Un texte d'Anne Marie Lecomte

Dans une lettre publiée mercredi, ces organismes affirment que « la décision de la Société Radio-Canada de mettre en vente et de quitter le site de la Maison de Radio-Canada [...] constitue, notamment, un abandon de la société d'État face à ses responsabilités et ses engagements envers la communauté du Centre-Sud ».

En 2009, Radio-Canada et la Ville de Montréal avaient conclu un accord quant au développement du site, à la suite de consultations publiques auxquelles avaient participé la majeure partie des organismes signataires de la lettre. 

François Bergeron est le directeur de l'un de ces organismes, soit la Corporation de développement communautaire Centre-Sud (CDC Centre-Sud). Il affirme que « la nouvelle de la décision de vendre la tour change complètement l'accord qui avait été signé ».

« On n'est pas contre la décision de la vente nécessairement », poursuit François Bergeron en expliquant qu'avant 2009 « on était un peu sur nos gardes ».

Mais la conclusion de l'accord avait fait taire leurs appréhensions... qui sont réapparues avec les récents développements dans le dossier.

Du côté de l'arrondissement Ville-Marie, on indique qu'il y a « un accord de développement qui est toujours en vigueur ». Advenant le dépôt d'un nouveau projet, l'arrondissement procéderait à son analyse.

La direction de Radio-Canada n'a pas commenté les affirmations des organismes signataires de la lettre.

Des installations vétustes et des rénovations majeures

Rappelons qu'à la fin de février, la direction de Radio-Canada avait, par voie de communiqué, fait savoir qu'elle considère que ses « installations actuelles sont vétustes et nécessitent des rénovations majeures estimées à 170 millions de dollars ». La société d'État dit que « la gestion et le développement immobilier ne font pas partie du mandat du diffuseur public ».

En outre, Radio-Canada affirme que « la vente des installations fait partie de l'équation envisagée depuis le début du projet ».

Dans ce communiqué, la Radio-Canada reconnaît que l'accord conclu avec la Ville de Montréal est « toujours en vigueur à ce jour » et qu'il définit « entre autres les attentes de la Ville en matière de logements sociaux et communautaires, d'espaces verts et de transport en commun ». 

Un changement de discours et de perspective

Toutefois, pour les organismes qui ont publié la lettre intitulée L'avenir de Radio-Canada est ici, le discours et la perspective de la société d'État ont changé.

Au début, affirme M. Bergeron, il était question de « moins d'utilisation de locaux de la part de Radio-Canada, mais [de] la possibilité que les terrains de stationnement, rendus libres, puissent être développés ».

Mais avec les intentions qu'elle a manifestées récemment, Radio-Canada « efface les efforts de planification et de concertations consentis depuis 2007 et, malgré les assurances de Messieurs Lacroix et Lalande, compromet sérieusement la mise en oeuvre de l'accord de développement intervenu avec la Ville de Montréal en 2009 », est-il écrit dans la lettre des organismes du Centre-Sud.

« Citoyenne corporative responsable » plutôt que « souveraine inconséquente »

Les auteurs de L'avenir de Radio-Canada est ici rappellent que pour l'avènement même de la Maison de Radio-Canada, il avait fallu détruire le Faubourg à m'lasse, dans les années 1960.

« Que Radio-Canada entende réduire ses coûts tout en se dotant d'installations plus adéquates, soit », disent-ils. « Mais la société d'État ne peut le faire sans égard pour le milieu qu'elle a dévasté pour s'y installer, sans considération pour ce quartier qui a travaillé dur pour se reconstituer, bref elle doit se comporter en citoyenne corporative responsable plutôt qu'en souveraine inconséquente. »

De plus, soutiennent les organismes du Centre-Sud, l'avenir de la Maison de Radio-Canada n'est pas le seul élément à considérer dans ce secteur de la Ville où de nombreux dossiers sont à suivre : le CHUM en voie d'achèvement, le Quartier de la santé, le réaménagement des berges du fleuve, le recouvrement de l'autoroute Ville-Marie, etc. « Sans compter Molson qui songe aussi à déménager », souligne François Bergeron.

François Bergeron affirme qu'une rencontre est prévue d'ici la fin du mois avec Radio-Canada. Il espère que les discussions à venir permettront de poursuivre le travail de concertation effectué dans ce dossier. « C'était un bel exemple d'ouverture où une grande institution, une Ville, des organismes et des citoyens s'entendaient », dit-il.

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