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Des parents dévastés témoignent au procès pour homicide involontaire de leur ex-gardienne

Les parents du petit Loghann Gauthier n'ont pu retenir leurs larmes alors qu'ils témoignaient au procès pour homicide involontaire de leur ancienne gardienne, lundi, au palais de justice de Saint-Jérome. En 2011, Yolande Bélanger aurait secoué le bébé et causé sa mort.

Un texte de Geneviève Garon

« Le temps s’arrête. La Terre arrête de tourner. » C’est ce que Sandra Payeur a senti en apprenant la mort de son enfant de près de 11 mois, le 4 mai 2011, à l’Hôpital de Montréal pour enfants. Sept ans plus tard, elle sanglote en se remémorant « le pire moment de [sa] vie ».

Après le dîner ce jour-là, elle a reçu un appel au travail de la responsable de la garderie en milieu familial de son fils, à Mirabel. Yolande Bélanger l’informe que Loghann a été transporté d’urgence à l’hôpital. « Elle est calme, mais elle a l’air inquiète », se souvient Mme Payeur, qui affirme être tombée en état de choc. « Je n’entends plus rien. »

Son conjoint et elle se ruent au chevet de leur enfant. Sa mort leur sera annoncée en soirée. Les parents nagent en pleine incompréhension. Ils prennent le petit corps sans vie dans leurs bras. Le père, Isaac Gauthier, pleure en salle d’audience en disant qu’il voulait garder le souvenir de son fils « enjoué et rieur », pas celui d’un « petit gars froid ».

Yolande Bélanger aurait expliqué à la mère que Loghann est tombé alors qu’il était assis sur le plancher de céramique. Il aurait beaucoup pleuré par la suite et la gardienne l’aurait couché, pensant qu’il était fatigué. Sur le coup, les parents ont cru à la thèse de l’accident.

Ce n’est qu’après quatre ans d’enquête que Yolande Bélanger a finalement été accusée d’homicide involontaire. Elle aurait secoué l’enfant. Le procès de la femme de 63 ans devrait durer une semaine, ont annoncé les procureures aux poursuites criminelles et pénales Caroline Buist et Annie Roy, lundi.

Des problèmes de santé?

En contre-interrogatoire, l’avocat de la défense, Jean-Daniel Debkoski, a beaucoup insisté sur les problèmes de santé du bébé dans les semaines précédant sa mort.

Loghann Gauthier a souffert d’une otite, d’une gastro-entérite et d’une infection à l’anus, a résumé son père. Il serait resté une semaine à la maison, soigné par sa mère. Mais Loghann aurait été parfaitement rétabli lorsqu’il est retourné à la garderie, deux jours avant sa mort. « Il était redevenu lui-même », a insisté Isaac Gauthier.

Me Debkoski a aussi laissé entendre que l’enfant aurait souffert de lésions cérébrales « qui remontent à des semaines, voire des mois avant sa mort ».

Attitude étrange devant les ambulanciers

« C’est toujours resté nébuleux », soutient l’ambulancier Sylvain Dubrulle, au sujet des explications de Yolande Bélanger lorsqu’il est intervenu chez elle, le 4 mai 2011.

L’enfant présentait des signes de problèmes neurologiques et avait une respiration saccadée, selon lui. L’ambulancier affirme que la gardienne fournissait des réponses évasives à ses questions.

Sa coéquipière a aussi été surprise par les agissements de l’accusée. Une fois l’enfant amené dans l’ambulance, Yolande Bélanger aurait tout simplement refermé la porte de sa maison. « Je vois la dame qui met ma trousse à l’extérieur et qui ferme la porte. Elle ne demande pas où on va, ne pose pas de questions », témoigne Érika Wolff.

Témoignage du pathologiste

Selon le rapport du pathologiste André Bourgault, les blessures de l’enfant ne sont pas compatibles avec une chute au sol alors qu’il était assis. Il penche vers la possibilité d’un « traumatisme cérébral non accidentel », soit le syndrome de l’enfant secoué. L’expert devrait témoigner mardi.

Yolande Bélanger est en liberté. Si elle est reconnue coupable d’homicide involontaire, elle risque l’emprisonnement à perpétuité.

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