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Des personnes handicapées recyclent des jouets à Boisbriand

Dans un local de Boisbriand, une quarantaine de personnes handicapées ou aux prises avec des problèmes sévères d'apprentissage viennent en aide, à leur façon, aux personnes défavorisées des Basses-Laurentides. Ils recyclent des jouets usagés, qui sont ensuite revendus à prix très modiques. Les profits sont remis à un organisme qui vient en aide aux personnes dans le besoin.

Le projet s'appelle Histoire de jouets et il relève du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) des Laurentides.

« C’est un plateau de travail », explique Carole Gravel, chef de programme, intégration au travail, pour la direction des programmes de déficience intellectuelle, au CISSS des Laurentides.

« Il permet à une quarantaine de personnes, atteintes d’un déficit intellectuel ou d’un trouble du spectre de l’autisme, de venir faire des apprentissages et de développer leurs habiletés de travail , mais aussi de rendre service à la société », explique-t-elle.

Les jouets sont triés, nettoyés, emballés et acheminés ensuite au Comptoir Dépanne-tout, de Sainte-Thérèse.

« Les jouets sont à très bas prix et en très bonne condition », souligne Mélissa Beaudin-Lemay, une mère monoparentale, qui ajoute :« Ça encourage autant le développement social que l’environnement ».

Quand je me suis séparée, j'ai regarni la chambre de ma fille presqu'uniquement avec des jouets venant d'ici.

Mélissa Beaudin-Lemay, mère monoparentale

Chaque année, les jouets rapportent environ 15 000 $, somme ensuite redonnée à un organisme communautaire des Basses-Laurentides.

« Nous séparons les jouets qui proviennent de Histoire de jouets. Ils ont leurs propres étalages », explique Janie Bolduc, directrice générale du Comptoir Dépanne-Tout. « Dites vous que pour faire 1000 dollars, ça en prend beaucoup de jouets vendus pour arriver à ces montants là ».

C'est la Table de concertation sur la pauvreté Thérèse-de-Blainville qui bénéficie de cette somme. Elle s'en sert pour venir en aide aux personnes qui ont des besoins en aide alimentaire, par exemple.

Des motivations différentes

Pour les bénéficiaires qui participent au projet Histoire de jouets, les bienfaits et les motivations diffèrent un peu d'une personne à l'autre. Pour Sylvie Bezeau, c'est le fait de changer d'air. « J’aime beaucoup Ça ! Parce que Ça me fait sortir de la maison », affirme-t-elle.

Pour Suzie Vallée, qui en est à sa quatrième année de participation, c'est de se retrouver avec des gens qui, comme elle, ont des défis à relever.

C'est bien d'être avec le monde comme moi, qui ne rient pas de mes dents, qui ne rient pas de moi.

Suzie Vallée,

Suzie Vallée fait occasionnellement de la couture pour réparer certains jouets. Elle fait aussi de la recherche sur ordinateur, pour trouver les caractéristiques de chaque jouet; comme le prix et le nombre de composantes.

D'autres participants vont contribuer au nettoyage, au tri ou au classement de morceaux. « S'il manque des morceaux, moi, je vérifie dans les bacs que nous avons pour voir si nous les avons », ajoute Julie Richard.

Pour Annie Coutu, une autre participante, la motivation est un peu plus festive. « Pour que les enfants aient des cadeaux à Noël », affirme-t-elle.

Elle a vu juste, puisque pendant notre visite au Comptoir Dépanne-Tout, une jeune grand-mère s'apprêtait à en acheter plusieurs. « Je viens souvent ici parce que je préfère acheter des jouets usagés à mon petit fils. Les prix me permettent de lui en acheter plus », a-t-elle confié.

Bref, voilà des jouets usagés, recyclés par des personnes qui en profitent pour acquèrir des habiletés, qui sont achetés par des gens à la recherche d'aubaines, et dont les profits viennent en aide aux gens dans le besoin.

Difficile de trouver une plus belle histoire de jouets!

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