Depuis quelques années, l'agriculture urbaine gagne du terrain. L'idée d'avoir des poules dans sa cour en ville séduit de plus en plus de citoyens. Mais ne s'improvise pas éleveur de poules qui veut. Voilà qu'une entreprise québécoise propose d'offrir un poulailler clés en main.

Un texte d’Annie Hudon-Friceau

Trente-cinq familles de Montréal ont déjà réservé leur poulailler urbain. Le kit de démarrage comprend la structure, deux poules, de la nourriture pour une saison complète et un manuel d'instruction. Le but : reconnecter les citadins à la nature.

Interdit à Montréal

L'élevage des poules est interdit à Montréal, sauf dans l'arrondissement Hochelaga-Maisonneuve.

L'entreprise POC s'est associée au laboratoire sur l'agriculture urbaine de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) pour proposer un projet pilote dans l'arrondissement Rosemont-La-Petite-Patrie. Montréal n'a pas encore donné le feu vert.

Militer pour le retour des poules en ville

Ce projet s’inscrit dans la foulée du mouvement pour le droit d’avoir des poules en ville. Les fondateurs de POC comptent faire bouger les choses à Montréal, comme ils l’ont fait pour les ruches en ville avec leur entreprise Alvéole.

« C'est interdit, mais on veut changer cette réglementation-là et démontrer finalement que c'est faisable. On veut faire de Montréal un exemple en matière d'agriculture urbaine. On travaille très fort pour qu'on soit des leaders et ce qu'on veut faire, c'est de rendre ce projet-là accessible dans d'autres villes », souligne Étienne Lapierre, co-fondateur de POC.

L'entreprise s'engage à reprendre les poules avant l'arrivée de l'hiver ou si un client change d'avis en cours de route.

Un projet qui inquiète la SPCA

La SPCA ne voit pas ce projet d'un bon oeil. Près de 30 poules ou coqs abandonnés ont trouvé refuge dans ses locaux en 2016.

« Ces poules-là nécessitent des soins spécialisés. Les gens ne sont pas nécessairement à l'affût des signes que va montrer une poule si elle n’est pas bien. Ils ne vont pas nécessairement prodiguer les soins adéquats. Et malheureusement on le voit ici, on a des cas de négligence et de cruauté qui implique des poules urbaines », révèle l'avocate de la SPCA de Montréal, Me Sophie Gaillard.

Un maire en faveur du projet

Selon le maire de l'arrondissement Rosemont-La Petite-Patrie François Croteau, le projet-pilote est justifié et pourrait permettre justement d’éviter les abus.

« L'avantage que nous avons avec ce projet-ci, c'est qu'il est encadré par des spécialistes, donc les gens qui font la promotion du projet-pilote vont suivre les familles, toute la saison, vont s'assurer du bon traitement des poules et vont s'assurer que les gens auront une bonne formation », mentionne François Croteau, maire de l'arrondissement Rosemont-La Petite-Patrie

Un maximum de 50 familles pourront participer au projet-pilote et espérer récolter deux oeufs par jour. Chaque famille devra débourser 1149 $ pour faire l’acquisition du kit de démarrage. Reste à voir si ces oeufs frais seront un jour moins cher la douzaine.

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