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Des projets immobiliers pour densifier la Rive-Nord

Les banlieues comptent plus que jamais sur l'exode des résidents de Montréal. Sur la Rive-Nord, les projets immobiliers de milliers d'unités d'habitation pullulent. L'un de ceux-là, le projet Urbanova, fait plus de 30 fois la grandeur du parc Lafontaine.

Un texte de Mathieu Dion

Dans l'ouest de Terrebonne, à l'abri des regards, un nouveau village prend forme peu à peu. « Le projet Urbanova, c'est une nouvelle ville dans la ville », souligne fièrement la directrice de développement, Carole Tétreault.

Les promoteurs proposent un projet résidentiel en rupture avec ce qui se fait normalement en banlieue. Depuis 2012, on y bâtit ce qui se veut le plus gros quartier écoresponsable au Canada. Pas moins de 12 000 unités sont prévues sur deux décennies ainsi que des commerces, 3 écoles et 25 centres de la petite enfance (CPE). Une école et un CHSLD sont déjà en place.

Mme Tétreault explique qu'un plan d'aménagement a été établi par la Ville avec le ministère de l'Environnement.

Près de 600 unités sont maintenant construites. La mixité des habitations est au rendez-vous avec des résidences unifamiliales, des maisons de ville et des condos.

La ville en banlieue

Marlyne Bercier est une résidente du quartier. Pour le moment, elle est locataire, mais la jeune retraitée est si emballée par ce qu'elle voit qu'elle songe à acheter.

En plus du maintien de la biodiversité et du drainage des eaux pluviales, les rues sont plus étroites et les places de stationnement sont limitées à une par habitation, dans l'espoir de réduire l'usage de la voiture.

La voiture demeure en effet le principal moyen de transport, d'autant plus que les commerces de proximité ne sont pas encore en construction.

Le quartier sera conçu pour favoriser le cyclisme et la marche, grâce à des trottoirs séparés de la rue par une barrière de végétation. L'amélioration de l'offre en transport en commun est prévue au cours des prochaines années. « On est à 15 minutes en autobus du train de banlieue », soutient Carole Tétreault.

La Ville de Terrebonne exige un minimum de critères verts, établis par un système de pointage. La qualité des matériaux, la présence d'un bac de compostage et le drainage des eaux pluviales peuvent notamment donner des points.

Cela dit, au-delà du minimum exigé, les coûts freinent les acheteurs, reconnaît l'un des quinze constructeurs du projet, Yannick Villeneuve. « On ne veut pas trop en mettre, mais si un client est plus intéressé, tel que de mettre un panneau solaire, c'est certain qu'il peut toujours aller de l'avant », précise-t-il.

Un marché au ralenti

Le ralentissement du marché immobilier a rendu les ventes difficiles dernièrement au sein du projet Urbanova. « C'est quand même plus difficile de vendre, car les gens sont plus informés », explique Yannick Villeneuve. Les prix varient de moins de 200 000 $ pour un petit condo à 600 000 $ pour une maison unifamiliale. Une taxe sur les infrastructures vient s'ajouter à la facture.

Malgré tout, deux autres projets immobiliers d'envergure poussent dans la municipalité : les Jardins d'Angora où l'on construit notamment des tours à condos de 14 et 17 étages et la Croisée urbaine.

« Dans pratiquement tous les secteurs, on sent une tendance vers la densité. Les principes de développement durable font partie de nos pratiques », affirme Sébastien Bertrand, coordonnateur à la direction générale de Terrebonne.

Les projets de Terrebonne doivent respecter l'ensemble des exigences du récent Plan métropolitain d'aménagement et de développement, notamment en matière de densification.

À la lumière de ces nouvelles pratiques, Gérard Beaudet, professeur en urbanisme à l'Université de Montréal, remarque un changement de culture au sein des municipalités. « C'est assez nouveau au Québec que les villes veuillent assurer un vrai leadership », dit-il.

Des projets viables?

La plupart des municipalités de la Rive-Nord de Montréal ont leurs projets domiciliaires, de plus ou moins grande envergure.

L'urbaniste Gérard Beaudet craint d'ailleurs que tous ces projets soient beaucoup trop ambitieux. L'exode de Montréal vers les banlieues se poursuit bel et bien, mais la frénésie ralentit, selon les dernières données de l'Institut de la statistique du Québec.

Chose certaine, à son avis, les projets risquent de prendre beaucoup plus de temps que prévu à être achevés.

De gros projets à Mirabel et à Blainville

En bordure de l'autoroute 15, à Mirabel, les condos et les maisons de ville se multiplient à vue d'œil. Le promoteur, Ray Junior Courtemanche, voit grand.

Il y a trois ans à peine, le territoire était couvert d'arbres. On y prévoit 2800 unités sur quatre ans. Des espaces commerciaux et un vaste quartier industriel sont déjà en développement à la Cité de Mirabel.

Mirabel est d'ailleurs la municipalité ayant connu le meilleur bilan migratoire du Québec en 2014-2015. L'Institut de la statistique du Québec évalue à plus de 3 % l'augmentation du nombre de résidents.

Non loin de là, à Blainville, le projet Chambéry prend tranquillement de l'ampleur. C'est un quartier que la Ville estime plus écoresponsable encore qu'Urbanova. Objectif : 3000 unités d'habitation sur dix ans.

« Ce qui nous distingue, c'est de conserver le boisé le plus possible. Le territoire à Chambéry, c'est le dernier quartier de la municipalité », explique Annie Lévesque, la directrice du service de l'urbanisme de Blainville.

Pendant ce temps, la réponse des acheteurs se fait attendre et la concurrence entre les multiples projets en cours promet d'être féroce.

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