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Des projets rejetés pour rouvrir la patinoire naturelle du lac aux Castors

Des projets pour rouvrir la patinoire naturelle historique du lac aux Castors, au sommet du mont Royal, ont été présentés à l'administration municipale. Mais en raison des coûts jugés trop élevés et du dérèglement climatique, la Ville de Montréal ne reviendra pas sur sa décision.

Un texte de Romain Schué

Des ingénieurs se sont pourtant « arraché les cheveux [de] la tête » pour trouver « des solutions techniques », a révélé lundi soir le maire du Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez, au cours d’une séance du conseil d’arrondissement.

Responsable également des grands parcs au sein de la Ville, ce dernier répondait aux questions d’un citoyen, qui se désolait de cette fermeture décrétée à la mi-janvier.

Alors que la glace s’est brisée l’hiver dernier sous des camions d’entretien, Montréal avait pris la décision de fermer cette patinoire aménagée sur un plan d’eau artificiel depuis les années 1930. Le petit anneau réfrigéré, situé à proximité, reste néanmoins ouvert pour le moment.

« Il y a des épisodes de réchauffement beaucoup plus intenses que ce qu’il y avait avant. Avant, la glace était pognée pour l’hiver, même s’il pouvait y avoir un petit réchauffement. Là, ce n’est plus le cas », a déclaré Luc Ferrandez.

« Lorsque je suis arrivé comme maire [en 2009], il y avait 100 jours de patinage par année. Maintenant, c’est 37 jours dans les meilleures années », a-t-il ajouté.

Un puits envisagé, mais rejeté

L’élu affirme que plusieurs propositions ont été soumises à la Ville de Montréal. Un expert en géothermie aurait par exemple proposé de creuser un puits « très profondément » au centre du lac.

L’eau froide aurait ainsi pu circuler vers le haut de la surface. « Même s’il faisait chaud dehors, la glace ne fonderait pas », a détaillé Luc Ferrandez, avant de se montrer plus sceptique.

« Cette technique est utilisée dans les mines pour refroidir les eaux de ruissellement. Mais elle n’a jamais été essayée pour une patinoire », a-t-il précisé.

Il a également été question de mettre en place « une plateforme de béton », sous l’eau. Mais en raison de l’importante surface de cet espace et des 7 m de profondeur de ce lac, cette idée a été rejetée.

« Ça semble un projet tellement dispendieux et tellement fragile. Ce serait possible, peut-être, au parc La Fontaine, car le fond de l’eau est très près de la surface, mais jamais au lac des Castors », a mentionné le maire du Plateau.

Alors que ce même citoyen a proposé d’utiliser des véhicules d’entretien plus légers sur la glace, Luc Ferrandez a repoussé ce plan, en prenant pour exemple des véhicules similaires utilisés sur la patinoire du parc La Fontaine.

« Dès qu’il tombe trop de neige, ils n’arrivent pas à pousser la neige. Dès qu’il y a une plus grosse quantité de neige, ça prend des gros camions », a-t-il fait savoir.

Courant janvier, Luc Ferrandez avait cependant précisé avoir l’intention d’installer une autre grande patinoire sur le mont Royal, à côté de ce bassin.

Néanmoins, pour y arriver, il a reconnu lundi qu'il fallait trouver des « trucs innovateurs » en raison « des dérèglements climatiques ».

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