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Des résidents d'Ahuntsic-Cartierville bloquent un projet de lieu de culte musulman

Des résidents d'Ahuntsic-Cartierville qui s'opposaient à l'intégration d'un lieu de culte musulman à un centre communautaire ont remporté leur bataille à l'issue d'un vote par référendum. Sur 486 électeurs, 291 ont refusé la conversion du centre contre 190.

Un texte de Vanessa Destiné

À l'origine de la mésentente, des résidents de confession musulmane, qui se réunissaient déjà dans ce centre de la rue Legendre Ouest pour prier ou discuter, avaient fait une demande auprès des responsables de l'établissement pour qu'il devienne aussi un lieu de culte.

Les responsables ont ensuite transmis la demande au conseil d'arrondissement afin de se conformer à la réglementation en vigueur dans Ahuntsic-Cartierville. Le conseil d'arrondissement avait accepté la requête, mais des résidents du secteur s'y sont farouchement opposés et ont demandé la tenue d'un référendum pour trancher la question.

Le résultat du référendum signifie que les musulmans qui fréquentent le centre pourraient être dans l'obligation de déménager leur lieu de culte. Par voie de communiqué, l'arrondissement d'Ahuntsic-Cartierville, qui, prêchant le vivre-ensemble, était plutôt favorable à la question, dit « prendre acte du résultat du vote et [qu'il] mettra en application les mesures qui s'imposent dans les meilleurs délais ».

Aucun autre commentaire n'a été émis par l'arrondissement dimanche soir.

Des inquiétudes liées à la radicalisation

Parmi les résidents opposés à la conversion du centre communautaire en lieu de culte, certains ont avoué redouter une potentielle menace islamiste. D'autres craignaient la présence de musulmans radicalisés ou étaient préoccupés par l'encadrement des rapports homme-femme dans la religion musulmane.

Du côté des habitués du centre, on dénotait une certaine incompréhension quant à l'attitude des citoyens opposés au projet. Certains d'entre eux attribuaient les tensions à un climat islamophobe.

Des membres avaient même menacé par le passé de déménager si le non l'emportait. Le lieu de culte pourrait toutefois aussi être relocalisé.

Le débat entourant la conversion du centre a donné lieu à quelques campagnes de mobilisation dans les deux camps. Des citoyens ont distribué des tracts aux alentours du centre, alors que d'autres ont choisi de lancer des appels à la solidarité sur les réseaux sociaux.

Dans le but de faciliter le dialogue interculturel entre les résidents, les responsables du centre avaient décidé de tenir deux journées de portes ouvertes durant le week-end.

Environ 43,5 % des électeurs inscrits se sont prononcés dans le cadre de la consultation, soit 486 citoyens sur les 1117 inscrits sur la liste référendaire (cinq bulletins ont été rejetés)

Avec les informations d'Ève Couture et La Presse canadienne

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