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Des résidents de Griffintown réveillés la nuit par des fêtards et des taxis

Des résidents du quartier Griffintown de Montréal en ont assez de se faire réveiller en pleine nuit par des klaxons de taxis et des cris de clients qui sortent du bar New City Gas. La populaire boîte de nuit assure qu'elle fait des efforts pour régler ce problème tandis que les autorités cherchent des solutions pour améliorer la cohabitation.

Un texte d'Anne-Marie Provost, de Grand Montréal

Le New City Gas reçoit régulièrement des DJ de renommée internationale en tournée dans son établissement, qui peut accueillir jusqu'à 4600 spectateurs. Si la musique pendant les prestations musicales suscite peu de plaintes, c'est au petit matin, lorsque les clients sortent par centaines, que la situation se corse.

Deux phases de ce projet de 550 unités, situé à proximité du New City Gas, doivent encore être réalisées d'ici 2018.

D'autres résidents du projet, qui habitent entre le 2e et le 14e étage, expriment les mêmes critiques. S'ils étaient au courant de l'existence de la boîte de nuit avant d'acheter leur copropriété, tous indiquent avoir été surpris par l'ampleur du bruit dans les environs et disent ne pas avoir été prévenus.

Du bruit pendant deux heures

Nous nous sommes déplacés sur les lieux dans la nuit de samedi à dimanche dernier alors que le New City Gas était rempli à moitié, 2000 personnes étant à l'intérieur, ce qui en fait une nuit relativement tranquille. Le bruit est surtout entendu rue Ottawa, entre les rues Peel et Ann, sur quelques centaines de mètres.

Ici et là, quelques bouteilles d'alcool et des canettes de bière traînent à terre, ce qui n'est pas inhabituel, selon les résidents. Des panneaux accrochés aux lampadaires rappellent aux passants que les amendes pour bruit peuvent varier de 300 $ à 2000 $.

Vers 2 h 30 du matin, un camion de pompiers arrive rue Ottawa et passe devant les immeubles en copropriété et la résidence universitaire de l'École de technologie supérieure (ETS), gyrophares et sirène en action. Une ambulance arrivera peu de temps après pour porter secours à un jeune homme visiblement intoxiqué.

Si la plupart des clients qui sortent du bar sont tranquilles, d'autres, plus festifs, parlent fort sous les fenêtres en marchant. Mais le bruit provient surtout des longues files de taxis dans les rues Ottawa et Ann, à côté des condominiums, qui viennent récupérer les centaines de clients à leur sortie. Les taxis se klaxonnent les uns les autres, mais aussi quand ils aperçoivent un véhicule affilié à Uber.

À 2 h 50, deux agents du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) s'installent pour assurer la bonne circulation des taxis au coin des rues Ottawa et Ann, ce qui met de l'ordre dans la circulation. Ce type de présence du SPVM est toutefois peu fréquente, selon le New City Gas. L'établissement aimerait plus de policiers soient présents pour gérer la sortie des clients et plus de collaboration de la part du Bureau du taxi de Montréal (BTM).

Tron Huu, associé de la compagnie qui loue le bâtiment, souligne que le quartier était plus industriel à l'ouverture du New City Gas en 2012. Mais plusieurs projets d'immeubles en copropriété se sont réalisés en parallèle sur les terrains vendus aux alentours par le propriétaire. Depuis, M. Huu est en lien direct avec plusieurs résidents, à qui il remet son numéro personnel, et il a pris une série de mesures pour atténuer les désagréments.

Changer le poste de taxis de place

Le New City Gas envoie notamment une dizaine d'agents de sécurité à l'extérieur pour patrouiller et gérer les arrivées et les départs. Des employés nettoient également les environs entre 3 h 30 et 5 h du matin, et les écrans à l'intérieur sensibilisent les clients au bruit à la fin des spectacles. Depuis quelques mois, le bar distribue aussi des dépliants aux chauffeurs de taxi pour les sensibiliser au bruit.

Stéphane Plourde, inspecteur du SPVM au poste de quartier 20, reconnait que la cohabitation n'est pas facile. Il précise que ce sont surtout les taxis qui génèrent des plaintes, et que leur nombre est en hausse depuis qu'il y a plus de résidents dans le secteur.

Pour Tron Huu, déplacer le poste d'attente des taxis plus loin, de l'autre côté du viaduc, contribuerait à réduire les nuisances sonores pour les résidents.

Le conseiller du district de Saint-Henri-La Petite-Bourgogne-Pointe-Saint-Charles, Craig Sauvé, qui travaille sur ce dossier depuis son arrivée en poste en 2013, se montre ouvert à cette solution. « Je suis d'accord avec les résidents que le bruit est infernal. Nous essayons de voir si c'est possible de changer la direction d'une rue ou de déplacer le poste de taxis. Nous sommes en lien avec le bureau de taxi », indique-t-il.

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