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Des résidents du square Saint-Louis excédés par les touristes de passage

Des résidents du square Saint-Louis, dans l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal, en ont assez de voir certains logements du quartier loués exclusivement à des touristes qui réservent à partir de sites Internet comme Airbnb. Certains de ces locataires de passage font la fête le soir, ce qui dérange les résidents en plus de changer le paysage urbain.

Un texte de Dominic Brassard

Des résidents vigilants ont notamment identifié un couple qui loue une dizaine d'appartements du quartier dans le but de les sous-louer pour de courtes périodes.

Selon Monique Trudel, qui habite tout près du square Saint-Louis, « le fait que ce soit des gens qui viennent ici pour une nuit ou deux, ça fait beaucoup de va-et-vient et beaucoup de bruit. Les gens vont dire de toute façon qu'ils s'en vont le lendemain et que ce n'est pas leur problème ».

Les voisins soulignent qu'il y a de moins en moins d'appartements disponibles en raison de ce nouveau type de commerce. Ils ont l'intention de demander aux élus de l'arrondissement d'intervenir.

Réponse des sous-locateurs

Le couple de locataires qui sous-loue ces appartements sur Internet reconnaît en faire un commerce.

« Les propriétaires ont été approchés avec cette idée que nous proposons. Mon conjoint et moi avons lancé un projet d'immobilier. Donc, nous cherchons à créer des ententes avec des propriétaires pour exploiter leurs immeubles », affirme Laura Kneale.

La jeune femme soutient n'avoir reçu aucune plainte des voisins jusqu'à maintenant. Elle prétend aussi être assurée pour les dommages que ces sous-locataires pourraient causer aux immeubles.

Selon elle, il y a des innovations technologiques qui viennent chambouler le marché. « Ce n'est pas toujours pour le pire, ce n'est pas toujours pour le mieux, je le reconnais. Ça reste qu'il faut qu'on s'adapte », ajoute-t-elle.

Réponse des propriétaires

La Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ) est inquiète de ce phénomène qui serait en progression dans les quartiers centraux de Montréal. Elle demande à la ministre du Tourisme, Dominique Vien, de renforcer la loi à ce sujet. Pour le moment, le seul recours possible, selon la CORPIQ, semble être la Régie du logement, dont les procédures sont souvent ralenties par de longs délais.

Selon la CORPIQ, un nombre important de propriétaires d'immeubles à logements ne serait souvent pas informés lorsque leurs locataires sous-louent leur logement pour une courte durée à partir d'Internet.

Le directeur des affaires publiques pour la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec, Hans Brouillette, parle d'une activité illégale: « Les locataires doivent se rappeler qu'ils ne peuvent pas changer l'usage des lieux. Donc, à partir du moment où vous en faites une activité commerciale, c'est une activité qui devient illégale. »

Hans Brouillette ajoute que cette pratique représente un risque pour les autres résidents de l'immeuble, mais aussi pour les propriétaires qui, en cas de sinistre, peuvent avoir de sérieux ennuis avec leur assureur.

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