Pour boucler les fins de mois, Serge Martin limite ses dépenses au strict minimum. « C'est certain que c'est frustrant! Il y a plein de choses que je voudrais faire, dit-il, mais que je ne peux pas faire. »

Un texte de Vincent Maisonneuve

L'hiver dernier a été difficile pour Serge Martin. Il s'est retrouvé sans emploi pendant plusieurs semaines. Il n'avait même pas droit à l'assurance-emploi. « Ç'a déjà été très dur, dit-il. Quand l'argent ne rentre pas ou que ça rentre à la miette, tu ne sais plus quoi faire. »

Heureusement, M. Martin a décroché, ce printemps, un emploi dans un établissement du Vieux-Montréal, payé au salaire minimum. Le travail lui plaît beaucoup, mais il constate à quel point il est difficile de sortir de la précarité, même quand on a un emploi.

M. Martin loue une petite chambre au centre-ville. La pièce est juste assez grande pour son lit, un fauteuil et une table basse. Le loyer y est de moins de 300 $ par mois.

Il pourrait peut-être louer un logement plus grand dans un autre quartier, mais il préfère rester à proximité du travail. Il s'évite ainsi les retards et le risque de perdre son emploi. Il peut aussi limiter les dépenses en matière de transport. « En étant proche de son emploi, on coupe sur la carte de métro, ça aide, dit-il. On peut se faire appeler plus facilement, avoir plus d'heures et avoir plus de revenus de cette façon-là. »

Pour manger, il scrute à la loupe les aubaines à l'épicerie. Il marche, parfois quelques kilomètres, pour aller d'une épicerie à l'autre et trouver les articles les moins chers. « En allant chercher les rabais, cet argent-là, je peux le mettre ailleurs. C'est toute une question de gestion de budget, précise-t-il. Il faut que ça soit géré de façon très méticuleuse. »

Serge Martin refuse de se plaindre, il dit même qu'il arrive à vivre sans s'endetter. Mais c'est très difficile.

« C'est comme un cercle. On veut s'en sortir, mais ça ne se fait pas aussi facilement qu'on le souhaiterait. » Il admet que de gagner 15 $ l'heure, ça changerait bien des choses. « L'augmentation, ça rendrait la vie beaucoup plus facile, croit-il. C'est 50 % de plus sur le salaire que je fais! »

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