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Des salles de cinéma patrimoniales en péril à Montréal

La semaine dernière, l'édifice Robillard, où a eu lieu la première représentation cinématographique au Canada en 1896 quelques mois avant New York, a été la proie des flammes. De sa grandeur passée, il ne reste que de la suie et un tas de débris.

Montréal a vu naître plusieurs magnifiques salles de cinéma dans son histoire. 1910 à 1950 constitue la grande période des cinémas palais, où les magnifiques bâtiments étaient la norme. Dans les années 60, plus de 70 cinémas cohabitaient dans la métropole.

Des dizaines d'années plus tard, dans quel état se trouve ce patrimoine?

Il est en relativement mauvais état. Parce que ce n'est pas une priorité et parce que dans le monde municipal, le patrimoine est souvent très loin dans les priorités.

Gérard Beaudet, urbaniste et professeur à l'Université de Montréal

Le cinéma Snowdon, où un feu a récemment eu lieu, et, dans le même arrondissement (Côte-des-Neiges—Notre-Dame-de-Grâce), l'Empress, construit en 1927, sont de beaux exemples de cinémas de type atmosphérique encore debout en Amérique du Nord.

Il y a deux ans, des citoyens passionnés de patrimoine et de cinéma travaillaient à la réouverture de l'Empress, qui serait rebaptisé Cinéma NDG.

Tout allait bon train; les plans étaient prêts et que la structure financière était presque terminée. Toutefois, aujourd’hui, le cinéma est encore à l'abandon, exposé aux quatre vents.

« Il y avait une très très belle murale qui a été complètement couverte par des graffitis. Plus le temps passe, plus c'est urgent de pouvoir le rénover », explique Élaine Éthier, responsable du projet Théâtre Empress.

L’organisme à but non lucratif n'arrive pas à compléter sa structure financière pour effectuer ces travaux. Or, l'arrondissement ne veut pas lui céder le bâtiment tant que le financement n'est pas complètement garanti.

Ce cercle vicieux entraîne la paralysie, explique Russell Copeman, maire de l'arrondissement Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce : « Ce n'est pas très glorieux par rapport à d'autres grandes villes qui valorisent le patrimoine. Est-ce que le fardeau de valoriser le patrimoine privé reste sur les épaules de la ville? Ma réponse est non! »

Du même souffle, le maire de Notre-Dame-de-Grâce explique que la ville souhaite bel et bien voir, un jour, l'Empress rouvrir ses portes.

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