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Des salles de cinéma patrimoniales en péril à Montréal

Il fut une époque où le septième art logeait à Montréal dans des édifices qui étaient en soi des oeuvres d'art. L'incendie qui a ravagé l'édifice Robillard, la semaine dernière, boulevard Saint-Laurent, ramène à l'avant-plan la situation désastreuse dans laquelle se trouvent les plus beaux morceaux de ce patrimoine.

1896. Le cinéma est, à l'époque, naissant. Montréal, à l'avant-garde, présente dans l'édifice Robillard le tout premier film en Amérique. Même New York ne peut se vanter d’une telle chose.

Or, c'est ce lieu de mémoire qui s'est envolé en fumée, ne laissant derrière lui qu'une forte odeur de suie.

Des cinémas, il s'en est construits beaucoup à Montréal. Au détour des années 50, on en comptait près de 70, dont certains étaient des trésors.

Le cinéma Séville, dans l'ouest de la ville, ou l'Empress, dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce, sont les plus beaux exemples du courant qu'on appelle les « cinémas atmosphériques ». Dans ces édifices, les architectes ont voulu rendre hommage à de grandes époques.

L'Empress, construit en 1927, juste après la découverte du tombeau de Toutankhamon par des archéologues en Égypte, voulait recréer un peu de la grandeur de la civilisation égyptienne. C'est le plus bel exemple du genre encore debout en Amérique du Nord.

Les difficultés du projet Empress

Des passionnés de cinéma et de patrimoine ont voulu redonner à l’Empress, fermé depuis des années, son lustre et le rendre de nouveau accessible. Ils ont trouvé du financement, un mélange de subventions publiques et de dons privés, des architectes, ils ont un plan d'affaires.

Tout allait bon train pour qu'on puisse enfin commencer les travaux.

Mais l'entente signée avec l'arrondissement prévoit que l'organisme devait réunir la totalité du financement avant que l'arrondissement ne lui cède la bâtisse pour la somme symbolique de 1 $. Or, l'organisme ne peut réunir la totalité du financement, soit une dizaine de millions de dollars, un cercle vicieux qui condamne à la paralysie jusqu'à maintenant.

En entrevue, le maire de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce, Russell Copeman, nous a dit que son arrondissement ne pouvait risquer un tel don si tout n'était pas parfaitement planifié. En attendant, le bâtiment fait la joie des graffiteurs.

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