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Des sinistrés des inondations dénoncent leur expropriation forcée par Québec

Des sinistrés dont les maisons sont à risque de démolition en vue du nouveau décret de Québec lancent un cri du coeur pour que le gouvernement revienne sur sa décision et permette la reconstruction de leurs résidences.

Des sinistrés des municipalités de Pointe-Calumet, de Gatineau et de Saint-André-d'Argenteuil, de même que de l'arrondissement montréalais de Pierrefonds-Roxboro ont tenu un point de presse mardi à Pointe-Calumet, pour dénoncer la décision du ministre québécois de la Sécurité publique, Martin Coiteux, de faire appliquer de façon stricte la loi qui interdit la reconstruction de bâtiments dans les zones inondables 0-20 ans. Selon cette loi, les résidences dont le coût des dommages s'élèvent à plus de 50 % de leur valeur initiale devront être démolies.

Les sinistrés demandent au gouvernement d'annuler ce décret en faveur de celui qui avait été adopté en 2011 à Saint-Jean-sur-Richelieu, qui permet la reconstruction des résidences sous certaines conditions.

« Le décret de 2011 ne réglera pas les cas de tous et chacun, mais permettra à tout le moins de retrouver une vie de quartier et représenterait le signe que le gouvernement nous traite sur un pied d’égalité avec les sinistrés de 2011. Nous vivons la situation actuelle comme une expropriation forcée de nos maisons, alors que la reconstruction serait beaucoup plus appropriée », a déclaré Patrick Lamothe, sinistré de Saint-André-d'Argenteuil.

Les sinistrés soulignent que certains d'entre eux ont tout perdu, et qu'au stress financier s'ajoute de la détresse psychologique.

À Pointe-Calumet, la plupart des résidences endommagées sont des habitations modestes, voire de petits chalets. Pour leurs propriétaires, être forcés de démolir reviendrait à tout perdre.

C'est le cas de Roger Moussa, qui est propriétaire de huit petits chalets, dont un est évalué à seulement 3500 dollars.

« Ça fait cinq ans que je bûche, que je travaille là-dedans pour le louer [...] et après, ils viennent nous dire que c’est fini, va-t-en d’ici, il n’y a plus rien à faire. On va pas pleurer, mais c’est pas facile », a-t-il déclaré en entrevue à RDI.

La situation est particulièrement difficile pour les sinistrés qui sont toujours dans l'incertitude. Contrairement à d'autres municipalités, comme Rigaud, aucun rapport préliminaire n'a encore été fourni à la mairie de Pointe-Calumet, permettant d'estimer combien de résidences devront être démolies.

« Les gens sont vraiment impatients, ils sont inquiets, ils veulent savoir ce que le décret va leur apporter et disons qu’ils sont probablement un peu en colère, vu que le délai est très long », a mentionné le maire de la ville, Denis Gravel.

La crue du printemps a touché 278 municipalités et a inondé environ 5400 résidences. De ce nombre, de 500 à 800 ont été carrément détruites ou rendues inhabitables, ce qui a forcé l’évacuation de plus de 4000 personnes.

Néanmoins, la plupart des sinistrés entendent bien refuser de quitter leur maison. « Il va falloir me passer sur le corps pour que je déménage », a prévenu Chantal Mercure, sinistrée de Pointe-Calumet.

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