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Des Syriennes qui refont leur vie au Québec s'inquiètent de possibles bombardements

Elles ont fui la guerre en Syrie et trouvé refuge au Québec depuis un ou deux ans. Le Centre social d'aide aux immigrants à Montréal a invité quelques femmes à nous parler de leurs inquiétudes face aux menaces du président américain Donald Trump de bombarder la Syrie en représailles à une attaque chimique présumée contre les civils à Douma.

Un photoreportage de Myriam Fimbry

Darin Deeb, 38 ans, est originaire de Damas. Elle a deux grands garçons et un petit dernier âgé de 10 mois, né au Québec. Elle vit maintenant à Laval et suit des cours de francisation.

Marta Karaian est arrivée il y a deux ans au Québec et s'est installée à Laval. Lorsqu'elle parle du sort de la Syrie, ses yeux se remplissent de larmes.

Sa fille Arsho Bousdalian, 13 ans, se rend tous les jours en autobus à l'école secondaire Mont-de-La Salle, dans sa classe d'accueil. Elle aussi s'inquiète, bien que de nombreux souvenirs de la Syrie se soient déjà effacés de sa tête.

Lina Khoury, 58 ans

Lina Khoury était ingénieure agronome à Alep. Elle suit maintenant un stage dans une agence de voyages à Montréal. Son mari est devenu designer graphique dans une compagnie d'emballage. Le couple a encore de la famille et des amis en Syrie.

« On accorde trop d'importance à Trump, croit Lina Khoury. On lui donne une valeur qu'il n'a pas. J'aimerais avoir l'opinion des Américains. Est-ce qu'ils sont d'accord avec Trump? Personne n'en parle. »

Gracia Beylouné, 57 ans

Gracia Beylouné était enseignante de physique et de chimie en Syrie. Elle a fui Alep avec son mari photographe. Son français est déjà très bon, mais elle suit des cours pour le perfectionner, tout en offrant ses services comme bénévole au Centre social d'aide aux immigrants.

« Je ne crois pas qu'il y a eu des attaques chimiques, estime-t-elle. Notre président n'est pas assez fou pour faire ça. C'est un piège, un prétexte pour faire la guerre. »

Muzna Dureid, 27 ans

Seule musulmane parmi toutes ces femmes rencontrées, Muzna vit à Montréal depuis un an et quatre mois. C'est une militante pour la paix et pour l'implication des femmes dans le processus de négociation. Venue seule au Canada dans le cadre du programme de mentorat Sister to Sister, elle craint pour sa famille restée au sud de Damas, des oncles, tantes et cousins. Ses parents vivent en Arabie saoudite.

« La nuit, je reste éveillée jusqu'à 2 h ou 3 h du matin, pour contacter et aider mes proches et mes amis, raconte-t-elle. Je suis à Montréal, mais en même temps, mon espoir et mon cerveau sont toujours avec la Syrie. »

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