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Des taxis 100 % électriques pour tous à Montréal

Vous avez sans doute aperçu au centre-ville ces petits taxis vert et blanc : les Téo taxis, des voitures électriques qui seront de plus en plus présentes à Montréal. Le projet pilote donne de bons résultats, et leur créateur, Alexandre Taillefer, voit grand.

Un texte de Jean-Sébastien Cloutier

Ils sont électriques, vert et blanc, et il y en a 60 aujourd'hui à Montréal. Les Téo taxis, qui étaient jusqu'à maintenant réservés uniquement à des volontaires qui en ont fait l'essai pendant trois mois, peuvent désormais être utilisés par tout le monde.

Coin Bleury et Sainte-Catherine, nous en avons appelé un par l'entremise de la nouvelle application Téo. Une application ressemblant à celle d'Uber, où l'on voit les taxis circuler en temps réel avec le nom du chauffeur et le temps qu'il mettra pour arriver. Les numéros de cartes de crédit sont préenregistrés et le paiement se fait automatiquement.

Wilfrid s'est pointé six minutes plus tard avec une Nissan Leaf. Longtemps chauffeur de taxi indépendant avec sa propre voiture et des semaines de 75 heures, il ne regrette pas d'être devenu employé de Téo à 40 heures par semaine.

« Avec cette compagnie-là, avec Téo, on ne paie pas pour le gaz, on ne paie pas pour l'assurance, on ne paie rien! [...] Là, il nous garantit 15 $ l'heure », affirme-t-il.

Pour l'instant, Wilfrid fait seulement six ou sept courses par jour, mais il croit que les Téo sont là pour longtemps et qu'ils deviendront même un symbole de Montréal.

L'homme d'affaires Alexandre Taillefer, fondateur de Téo Taxi, est confiant. « Après trois mois, je pense qu'on est de plus en plus convaincus du modèle, tant le modèle financier que le modèle opérationnel. Ça va nécessiter par contre beaucoup de travail. »

Dans les bureaux de Téo, Félix Normandin prend les appels des clients et leur envoie une voiture. Mais il doit aussi gérer l'état des batteries des taxis électriques. La majorité des taxis Téo ont une autonomie de 150 km, qui est légèrement réduite en hiver. « C'est nous les répartiteurs qui sont en mesure de regarder l'état de charge de l'ensemble de notre parc et de décider quelle voiture va devoir recharger en premier ».

Au siège social de l'entreprise, une vingtaine de bornes de recharge sont mises à la disposition des chauffeurs.

« Le chauffeur vient au service et fait la permutation. Il y a déjà une voiture déjà prête. Le chauffeur arrive, branche sa charge puis il repart tout de suite avec son véhicule », explique Félix Normandin.

Les zones desservies pour le moment :

  • les rues au sud de Jean-Talon entre Parc et Papineau
  • le centre-ville
  • Griffintown
  • Pointe-Saint-Charles

Les tarifs sont les mêmes que pour les taxis traditionnels, mais l'expérience est un peu différente, entre autres pour le silence lorsqu'on roule.

Les Téo seront vite adoptés, croit Alexandre Taillefer. Et ils seront rentables.

L'ex-Dragon se sent d'attaque pour rivaliser face aux chauffeurs Uber, mais selon lui, Québec doit à tout prix changer les règles.

« Ils ne paient pas de permis, ce qui représente dans notre modèle près de 1,80 $ par course, et deuxièmement, ils ne paient pas la TPS et la TVQ, ce qui représente près de 1,50 $. Donc 3,30 $, c'est mon coût pour partir le service de taxi à Montréal, et ça, il faut que ce soit égal pour tout le monde », plaide Alexandre Taillefer.

Téo Taxi prévoit doubler sa flotte de voitures à Montréal d'ici septembre et prendre d'assaut le marché de Québec.

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