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Des terres municipales nourrissent plus de 2000 personnes dans la MRC d'Argenteuil

La Municipalité régionale de comté (MRC) d'Argenteuil a lancé officiellement son projet d'agriculture communautaire, qui fournira 12 tonnes de légumes à plus de 2000 personnes dans le besoin dans cette partie des Basses-Laurentides.

Un texte de Francis Labbé

« Quand Québec a construit le barrage Carillon, trop de terres ont été réservées », explique Marc Carrière, directeur général de la MRC d'Argenteuil. « Les terres excédentaires ont été cédées à la municipalité de Chatham en 1994. Cette dernière, fusionnée à sa voisine, Brownsburgh, les cédera à la MRC en janvier 2013 pour en faire un projet régional. »

« Nous avons mis la main sur 245 hectares de terres, dont 45 sont cultivables, poursuit M. Carrière. Nous avons lancé notre projet d'agriculture sur un hectare cette année. La production de légumes atteindra 12 tonnes cette année et ces légumes sont remis au Centre d'entraide d'Argenteuil. »

Difficile économiquement

La MRC d'Argenteuil vit des moments difficiles sur le  plan économique. Depuis 2013, on estime à 800 le nombre d'emplois perdus à la suite de fermeture d'usines, comme Cascades et Orica. 

Le taux de familles à faibles revenus est le plus élevé des Laurentides, à 10,5 %. C'est le double de la MRC Thérèse-de-Blainville, dont 5,3 % des familles sont considérées à faible revenu.

« De plus en plus de personnes viennent nous voir pour de l'aide alimentaire. Ces légumes sont un beau cadeau », explique Louise Desrochers, directrice générale du Centre d'entraide d'Argenteuil.

« Nous les offrons frais aux clients et ceux qui ne sont pas choisis, nous les transformons. Nous cuisinons de 400 à 500 plats et en moins d'un mois, les gens vont revenir et prendre des plats préparés. C'est merveilleux », poursuit Mme Desrochers.

« Au début, c'était un champ laissé à l'abandon par un producteur l'année précédente », explique Véronique Gagné, l'une des trois employées de la MRC qui travaillent au projet. « Nous avons nettoyé et préparé le terrain. Nous avons étudié plusieurs variétés différentes de légumes, notamment pour diminuer la pression des ravageurs et des maladies. »

« Au début nous voulions cultiver des oignons et des asperges, mais la clientèle du Centre d'entraide et les familles vulnérables n'étaient pas très [familiarisées] avec la conservation des légumes comme ceux-là », explique le responsable du projet, Jonathan Palardy.

Exportable?

Présente à l'évènement, la ministre responsable de la région des Laurentides, Christine Saint-Pierre, s'est dite impressionnée par le projet. « 12 tonnes de fruits et légumes qui seront redistribuées à 400 familles de la région, je pense que c'est unique », se réjouit-elle.

« Ce qui est exceptionnel, ici, c'est que les terres appartiennent à la MRC. Mais il y a sûrement moyen de s'en inspirer et de faire en sorte [que le concept] soit repris ailleurs », a conclu la ministre.

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