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Des trousses de survie distribuées aux Autochtones arrivant à Montréal

Déménager dans une grande ville peut être une étape difficile pour beaucoup d'Autochtones. Une organisation à Montréal tente de rendre les choses un peu plus faciles.

Un texte de Jessica Deer/CBC

Tout au long de l'été, le projet Iskweu du Foyer pour femmes autochtones de Montréal fournira des trousses de bienvenue aux Autochtones qui arrivent au terminus d'autobus de la ville.

« Lorsque vous arrivez à la gare routière, il y a beaucoup de ressources, surtout pour les jeunes, mais elles ne sont pas culturellement appropriées aux peuples autochtones, » déclare Jessica Quijano, coordonnatrice d’un projet qui vise à aider les familles de femmes et de filles autochtones disparues et assassinées.

« Ils ne se dirigeront pas nécessairement vers ces ressources contrairement à une personne non autochtone, » poursuit-elle.

Les trousses comprennent un livret d'information sur les organisations et les ressources autochtones, une carte de la ville, une bouteille d'eau, une carte de transport en commun, une pochette de médicaments, une carte d'appel et un cadenas.

Pour Jessica Quijano, « même ces petites choses peuvent faire une grande différence. »

L'objectif est de distribuer les trousses par l'intermédiaire des travailleurs de proximité et, éventuellement, dans les aéroports ou par les compagnies aériennes, pour aider à abattre les obstacles auxquels de nombreux Autochtones se heurtent lorsqu'ils arrivent dans une nouvelle ville, souvent loin de leur communauté d'origine.

« Nous voulons donner des options aux gens. Ce que nous essayons de faire, c'est d'empêcher les gens de devenir sans-abri, d'être dans la rue. On veut simplement qu’ils aient les ressources nécessaires pour qu'ils soient au courant de ce qui est disponible, » dit Jessica Quijano.

Déménager en ville : « une transition terrifiante »

Que ce soit en tant qu'étudiant, pour le travail ou simplement pour explorer Montréal, un grand nombre d'autochtones qui arrivent ne sont pas au courant des ressources qui sont à leur disposition.

C'était le cas de Corey Thomas, un étudiant micmac de Gesgapegiag, au Québec.

« Déménager à Montréal a été une transition dans ma vie plutôt intimidante et honnêtement terrifiante, » raconte Corey Thomas.

« J'étais sur le point de déménager dans une ville où le visage familier le plus proche était à 10 heures de route. Que vous ayez l'impression d'être préparé ou non, il y aura toujours un choc culturel qui fera de cette expérience une transition aussi importante, » poursuit-il.

Il est venu à Montréal pour étudier à l'Université Concordia et est arrivé sans logement.

« Lorsque j'ai déménagé, je n'étais au courant d'aucun service pour les peuples autochtones. Je n'ai jamais vraiment su que ces services seraient une option à envisager, » se souvient Corey Thomas.

Éveiller les consciences aux services existants

Tout comme Corey Thomas, Lucina Gordon, 22 ans, ne connaissait pas non plus beaucoup d'organisations autochtones au moment où elle a déménagé à Montréal à l'âge de 17 ans pour suivre des études postsecondaires.

« Il était difficile de ne pas avoir de membres de la famille autour de moi pour m'aider à passer de la vie dans une petite communauté, » dit-elle.

Des endroits comme le centre de ressources pour étudiants autochtones de l'université Concordia, sont devenus essentiels pour surmonter des obstacles comme le sentiment d'isolement en tant qu'Inuite dans la ville.

« Le choc culturel et le mal du pays sont toujours présents, même si je vis à Montréal depuis près de cinq ans, » dit Lucina Gordon.

« Bien que je vienne d'une communauté isolée, je ne me suis jamais sentie isolée de la communauté puisque que les gens veillent les uns sur les autres, » dit-elle.

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