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Des universitaires iraniens rejetés par les États-Unis se tournent vers McGill et Concordia

Les universités McGill et Concordia veulent aider les chercheurs et les étudiants de pays musulmans pris au dépourvu par un décret de Donald Trump, en repoussant notamment les dates limites d'inscription.

Un reportage de Bahador Zabihiyan

Le décret présidentiel de Donald Trump interdit l'accès au territoire américain aux ressortissants de sept pays à majorité musulmane (Iran, Irak, Libye, Somalie, Soudan, Syrie, Yémen.). À Montréal, cela a eu une conséquence inattendue : un intérêt accru pour les universités de la métropole. Des chercheurs et des étudiants, dont beaucoup d'Iraniens, se tournent vers McGill et Concordia.

Ce sont des gens qui sont en Iran, qui font des études en droit. Ils ont déposé des demandes aux États-Unis et maintenant que c'est fermé , ils viennent chez nous.

Richard Gold, responsable des études supérieures de la faculté de droit de l'Université McGill

En une semaine, la faculté a reçu une dizaine de demandes d'Iraniens, des candidats très qualifiés. « Ce sont des gens qui seront un atout pour le Canada, pour McGill et pour le monde », dit M. Gold.

Concordia et McGill pensent à prolonger leur période d’inscription. La faculté de droit de McGill l'a déjà fait, y voyant une occasion d'attirer des talents dans ses rangs. La question est également d'ordre moral : les deux universités estiment que la décision de Donald Trump est contraire à leurs valeurs.

Des universitaires iraniens regardent vers le Canada

Ils sont des milliers d'Iraniens, parmi l'élite universitaire de leur pays, qui se rendent chaque année aux États-Unis pour faire de la recherche ou finir leurs études. Mohammed Rouhi est l'un d'entre eux. Ce brillant chercheur en génie de Concordia avait prévu d'aller habiter aux États-Unis à la fin du mois.

Il a réussi à avoir un visa américain en vertu d'un programme d'immigration spécial destiné à attirer les meilleurs scientifiques du monde aux États-Unis.

Son visa a été annulé à cause du décret de Donald Trump. Il va donc devoir rester à Montréal plus longtemps que prévu.

Je suis encore jeune, je peux travailler, et la vie continue.

Mohammed Rouhi, chercheur en génie des matériaux

Il estime qu'il pourra continuer de faire de la recherche en génie des matériaux ailleurs qu'aux États-Unis, notamment au Canada, si le gouvernement canadien fait un effort pour lui renouveler rapidement son permis de travail.

« Il y a des limitations pour ceux qui ont un permis de travail […] mais je pense que les gens comme moi sont des atouts pour le Canada », dit-il. Des centres de recherche européens le courtisent déjà, et ses travaux en génie des matériaux sont reconnus dans la communauté scientifique.

En pleine entrevue avec Radio-Canada, il a d'ailleurs reçu un coup de téléphone pour une offre d’emploi éventuelle dans une université européenne.

Il confirme que beaucoup de membres de la communauté scientifique de son pays se tournent vers le Canada, étant donné qu’ils ne peuvent aller aux États-Unis durant les trois prochains mois.

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