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Des villes de la couronne mécontentes de leur facture de transport en commun

La nouvelle Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) s'apprête à adopter sa politique financière, qui fait des mécontents dans plusieurs municipalités de la couronne de Montréal.

Un texte de Francis Labbé

Selon nos informations, ce sont les municipalités qui comptent le plus grand nombre d'utilisateurs du train de banlieue qui recevront les factures les plus importantes. Ce ne sont donc pas les utilisateurs eux-mêmes qui devront payer davantage.

Cette modification risque de se traduire par une hausse de taxes foncières pour l'ensemble des contribuables de ces municipalités, qu'ils utilisent le train ou non.

Mécontent, le maire de de Deux-Montagnes, Denis Martin, menace de ne pas payer la hausse de la facture que l'ARTM lui impose.

« La nouvelle facture est 40 % plus élevée. Nous sommes les plus durement touchés dans la Couronne Nord », affirme-t-il. « Nous n'allons pas payer plus tant que nous n'avons pas d'explications. »

« Notre facture passera de 1 million à 1,9 million d'ici 2020, donc une facture qui passe presque du simple au double, sans aucune amélioration de service. Doubler une facture sans services additionnels, j'ai besoin d'explications. Je n'en ai pas », poursuit-il.

Une grogne qui se répand

Le maire de Laval, Marc Demers, tient sensiblement le même discours. « Ça a un impact, sur trois ans, de 25 millions de plus pour les contribuables de Laval, et ce, sans services supplémentaires », affirme Marc Demers.

La mairesse de Longueuil, Caroline Saint-Hilaire, a elle aussi dénoncé cette situation dans une lettre signée conjointement avec son homologue de Laval.

Les villes de Laval et de Longueuil sont touchées par l'abolition d'une mesure qui vise à dédommager la Société de transports de Laval et le Réseau de transport de Longueuil.

Le maire de Blainville, Richard Perreault, est du même avis. « C'est extrêmement difficile à comprendre. Nous subissons une hausse de près de un million de dollars, sans aucun service additionnel, alors que la ville voisine [Sainte-Thérèse] voit sa facture baisser. Nous voulons être mieux informés », affirme M. Perreautl.

ARTM

À l'Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM), on explique qu'auparavant, les villes contribuaient selon leur richesse foncière uniformisée. Le nouveau modèle de financement préconise plutôt un modèle de type « utilisateur-payeur ».

La facture est envoyée aux villes en fonction du nombre de leurs résidants qui utilisent le train de banlieue. Par exemple, à la gare Deux-Montagnes, plus du tiers des utilisateurs proviennent de cette ville.

À la gare Grand-Moulin, située dans la même ville, ce sont pratiquement deux utilisateurs sur trois qui proviennent de Deux-Montagnes. La ville est donc facturée en conséquence.

« Ça ne fonctionne pas, ce modèle-là », réplique le maire de Deux-Montagnes, Denis Martin. « Notre ville n'est que résidentielle. Nous n'avons pas de secteur commercial ni industriel. Ce sont donc tous mes résidants ici qui vont payer pour les usagers du train de banlieue. »

« En plus, nous ne touchons aucun en-lieu de taxes pour les gares, ni aucune compensation pour les stationnements. Nous devons assumer le déneigement des rues et des trottoirs, en plus d'entretenir les rues autour des gares. L'Autorité doit prendre ça en considération », conclut-il.

Le conseil d'administration de l'ARTM se réunit le jeudi 29 juin prochain. L'adoption de la politique de financement est à l'ordre du jour et les discussions seront au rendez-vous.

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