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Desjardins au stade olympique : incursion au coeur de la tour penchée

C'est un des symboles de Montréal et pourtant, à l'exception de son observatoire, rares sont ceux qui ont pu la visiter. La tour du stade olympique, inoccupée depuis la fin de sa construction en 1987, aura bientôt ses premiers locataires. En juin, 1000 employés de Desjardins y déménageront. Visite au coeur du chantier.

Un texte de Jean-Sébastien Cloutier

C'est d'abord à côté du Biodôme qu'il faut se diriger, là où une nouvelle entrée permettra aux employés de pénétrer dans la tour penchée. De là, trois nouveaux ascenseurs les feront monter au deuxième étage, où se trouve la réception de Desjardins. Une immense baie vitrée offrira une vue sur les hauteurs de l'enceinte du stade olympique.

De nouveau des ascenseurs, et nous arrivons aux étages supérieurs. La tour du stade en compte 15, sans compter l'observatoire. Plus on monte et plus les étages sont petits. Desjardins occupera au moins les sept premiers, soit 80 % de la superficie totale. Les lieux seront surtout occupés par les employés du centre d'appels et d'affaires en ligne de l'entreprise.

Le projet de Desjardins, dont le bail a été signé pour 15 ans, est le 16e à avoir été proposé pour la tour, mais pour diverses raisons, les autres ne se sont jamais matérialisés.

Responsable du projet pour l'entreprise, Mathieu Desrosiers ne cache pas sa fébrilité à la veille d'occuper cet emblème de Montréal. « On a déjà plusieurs centaines d'employés [900, NDLR] qui travaillent dans l'est, et ce sont ces employés qui vont déménager, donc la localisation a été un des critères, explique-t-il. La superficie de la tour, les stationnements, les garderies et le milieu de vie étaient très intéressants aussi. »

De l'espace, beaucoup d'espace...

Dès qu'on sort des ascenseurs au huitième étage, on est surpris par l'immensité des lieux; une immense pièce de forme triangulaire. Comme les locaux de la tour avaient été conçus pour servir de gymnase, certains plafonds se trouvent à 23 pieds du plancher. Tout autour, les nouvelles fenêtres, très grandes, laissent passer la lumière. Peu importe l'endroit où l'on regarde, la vue est impressionnante.

Le designer Julien-Pierre Laurendeau, qui a conçu le projet pour la firme d'architectes Provencher_Roy, se trouve chanceux d'avoir eu l'occasion de mettre en valeur cet édifice unique.

« C'est montrer son intérieur, montrer la beauté de sa structure, mettre en valeur son caractère architectural, historique... C'est un privilège de travailler dans un des symboles de Montréal. Le projet a été rempli de défis, mais il très inspirant et va marquer l'imaginaire populaire », estime-t-il.

En route vers plus de commerces?

À un kilomètre du stade, sur le boulevard de l'Assomption, les employés de Desjardins rencontrés par Radio-Canada anticipaient leur déménagement avec bonheur.

« Je suis vraiment excitée », dit une jeune femme dans la vingtaine. De plus, même les gens, quand ils appellent [...], ils sont excités pour nous qu'on s'en aille au stade olympique! »

« Il y a une effervescence dans Homa, ajoute une collègue. Moi, je vois ça vraiment positivement. Ça va être des bureaux qui vont être plus modernes aussi, un environnement un petit peu plus chaleureux. »

Sauf qu'à l'extérieur, l'immense Parc olympique est presque un désert alimentaire et commercial. Desjardins a prévu une grande cafétéria au deuxième étage de la tour, mais espère quand même que son arrivée va accélérer la revitalisation du secteur.

« Le quartier olympique renaît depuis les dernières années, souligne Mathieu Desrosiers. Ce qu'on voudrait, c'est laisser une marque, faire vivre cet environnement-là et qu'on profite de l'arrivée intensive de nos employés pour améliorer le quartier. »

Le grand patron du Parc olympique, Michel Labrecque, promet que l'offre commerciale sera bonifiée à moyen terme. Il essaiera d'attirer les camions de rue plus souvent, d'avril à septembre. Il pense aussi à des navettes pour relier le parc aux rues Sainte-Catherine, Ontario ou Hochelaga, et songe même à déménager au stade les bureaux administratifs de l'avenue Pierre-De Coubertin.

« Est-ce qu'on pourrait [...] avoir dans ces espaces-là des commerces de détail, des commerces de proximité et de la restauration? », demande-t-il.

L'arrivée de Desjardins rapportera plusieurs millions de dollars chaque année au Parc olympique en revenus de location, de stationnements et d'inscriptions au tout nouveau centre sportif et aquatique. Plusieurs entreprises ont aussi démontré leur intérêt pour louer les derniers étages de la tour.

M. Labrecque compte aussi sur le réaménagement complet de l'avenue Pierre-De Coubertin par la Ville au cours des prochaines années pour améliorer les environs.

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