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Deux ministres haïtiens à Montréal en solidarité avec les demandeurs d'asile

Le gouvernement haïtien envoie deux de ses ministres à Montréal, pendant que l'afflux de demandeurs d'asile originaires d'Haïti, en provenance des États-Unis, ne cesse de croître.

Le ministre haïtien des Affaires étrangères, Antonio Rodrigue, et la ministre des Haïtiens vivant à l’étranger, Stéphanie Auguste, sont arrivés mardi après-midi à Montréal, où ils ont été reçus par le maire Denis Coderre.

En point de presse, M. Coderre, qui a parlé de « situation », refusant d'évoquer une crise, a rappelé la tradition d’hospitalité et de solidarité de Montréal, qui s'est déclarée ville refuge.

« Quand il y a des personnes vulnérables, on ne doit pas leur marcher dessus », a-t-il dit, citant en créole un proverbe haïtien.

Le chef de la diplomatie haïtienne a expliqué qu’il était venu au Canada pour « apporter un soutien moral » et exprimer la solidarité de son gouvernement aux Haïtiens qui traversent la frontière canado-américaine.

Il a dit aussi sa « gratitude » aux gouvernements fédéral et provincial, ainsi qu’au maire de Montréal et à tous les Canadiens, pour leur « solidarité remarquable ».

Le ministre Rodrigue a fait savoir qu’il allait s’entretenir avec les autorités canadiennes et provinciales pour déterminer la meilleure contribution que pourrait avoir son gouvernement pour faire face à la situation.

Il a notamment précisé que les autorités haïtiennes contribueront à aider les demandeurs d’asile qui n'ont plus de pièce d’identité ni de passeport à s’en procurer.

En réponse aux questions des journalistes, il a évoqué également une collaboration entre les deux pays pour s’assurer que les demandeurs d’asile n’ont pas d’antécédents criminels.

Améliorer la situation en Haïti

Rappelant le caractère mondial du problème de la migration, Antonio Rodrigue n’est pas d’avis que les flux sont dus à la seule situation en Haïti. Il a du reste loué les initiatives de son gouvernement pour « changer les choses, améliorer la situation et apporter des solutions à des problèmes auxquels font face les compatriotes en Haïti ».

« Heureusement, en Haïti, on n’est pas en situation de guerre », a-t-il ajouté, faisant remarquer que « les problèmes d'instabilité commencent à se résoudre », comme en témoignent les récentes « élections qui ont été faites de manière régulière. Tout le monde a été satisfait de l'issue de ces élections ».

Se gardant d’imputer cette situation à la politique du président américain Donald Trump, le ministre Rodrigue a expliqué que les mesures anti-immigration aux États-Unis ne sont pas le seul facteur, rappelant notamment l’attrait du Québec francophone pour les Haïtiens.

Cela dit, « s’il y a des gens qui ne seront pas acceptés [par les services d’immigration canadiens], Haïti les recevra avec ses moyens », a conclu le ministre.

Faire face à une affluence en hausse

Depuis la fin juillet, l’arrivée régulière de migrants à la frontière canadienne, en provenance des États-Unis, suscite une mobilisation importante de la part des autorités.

Les demandeurs d’asile originaires d’Haïti, soit la majorité de ces migrants, craignent que l'administration Trump ne renouvelle pas les visas temporaires qui leur ont été octroyés dans la foulée du séisme qui a ravagé Haïti en 2010.

De 450 à 700 migrants franchissent la frontière chaque jour, indique le Syndicat des douanes et de l'immigration. Un grand nombre d’entre eux ont été logés de façon temporaire au stade olympique.

Selon les dernières données rendues publiques, plus de 2500 demandeurs d'asile sont actuellement hébergés temporairement à Montréal, dont quelque 875 au stade olympique.

Pour l'instant, les activités prévues par la Régie des installations olympiques (RIO) n'ont pas été entravées par l'hébergement des demandeurs d'asile, a assuré un porte-parole de l'institution.

L'entente entre la RIO et le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Centre-Ouest-de-l'Île-de-Montréal doit toutefois prendre fin le 16 septembre prochain et il semble peu probable qu'elle soit prolongée, notamment parce que le stade doit accueillir début octobre les Championnats du monde de gymnastique artistique.

Québec cherche déjà d'autres sites où pourraient être accueillis les demandeurs d'asile au-delà de cette date. La ministre de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion, Kathleen Weil, a d'ailleurs indiqué compter sur le gouvernement fédéral pour qu'il offre lui aussi de l'hébergement à ceux qui en auront besoin.

Avec les informations de Vincent Champagne et Hugo Lavallée

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