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Deux Montréalais veulent éliminer les fausses nouvelles grâce à l'intelligence artificielle

Comment combattre les fausses nouvelles sur le web grâce à l'intelligence articifielle? Deux Montréalais ont été désignés vainqueurs ex æquo d'une compétition sur le sujet au festival Startupfest de Montréal. Leur solution : une approche non intrusive qui repose sur la multiplication des sources.

Le concours, organisé par Element AI, Radio-Canada et Fasken Martineau, a attiré sept concurrents, dont certains de la Turquie, de la Malaisie et de la Chine. Chaque participant avait une vingtaine de minutes pour convaincre les juges de retenir sa solution pour éliminer les fausses nouvelles sur Internet. Ce sont finalement les Montréalais Jules Gagnon-Marchand et Noah Chaimowicz qui ont retenu l'attention des juges

Jules Gagnon-Marchand a proposé une approche comparative grâce à laquelle une intelligence artificielle étudierait les affirmations avancées dans un texte avant de vérifier si plusieurs sources différentes affirment la même chose. La logique derrière cette idée : lorsque de nombreux médias réputés fiables affirment la même chose, cette information a plus de chances d’être véridique.

De son côté, Noah Chaimowicz a présenté des idées qui recoupaient celles de M. Gagnon-Marchand, tout en ajoutant un élément important, soit celui de fournir aux internautes des sources ayant un penchant éditorial contraire à celui de l’article qu’ils s’apprêtent à publier. L'objectif : pouvoir comparer leur point de vue avec ceux d’autres sources.

Une approche non intrusive

Les juges ont été impressionnés par ces deux participants, qui n’avaient pas eu beaucoup de temps pour se préparer. Nicolas Feller, ingénieur à Element AI et juge de la compétition, a apprécié les approches toutes différentes et intéressantes des compétiteurs, tout en soulignant les bons points des projets des vainqueurs.

« C’est une approche technique plus que raisonnable, qui ne pile pas sur les pieds des internautes ou des médias », a indiqué ce spécialiste en intelligence artificielle, en mentionnant la difficulté inhérente au problème des fausses nouvelles. « Il faut éviter la censure », a-t-il ajouté.

Jeff Yates, chroniqueur spécialisé en vérification des faits à Radio-Canada, faisait aussi partie du panel de juges. Selon lui, les deux gagnants ont bien fait de proposer une méthode non intrusive pour alerter les internautes qu’ils s’apprêtent à partager une fausse nouvelle.

« Ce que j’ai trouvé intéressant de mon côté, c’est qu’on ne cherchait pas à dire “ce n’est pas vrai”. C’est contre-intuitif, mais les gens sont réfractaires à ça. Dans les projets qui ont gagné, ce que j’ai aimé, c’est qu’on dit qu’une information n’apparaît dans aucun média, [donc qu’elle est douteuse], ou que d’autres médias en parlent, donc qu’il y a une certaine base de fiabilité. »

Les fausses nouvelles, un enjeu actuel

Jeff Yates, qui connaît bien les fausses nouvelles pour les avoir étudiées depuis plusieurs années, croit qu’il est important de sensibiliser la population à ce problème grandissant.

« Avant les élections présidentielles américaines [de 2016], l’image que les gens avaient des fausses nouvelles c’est qu’elles étaient des histoires abracadabrantes au sujet des célébrités, explique Jeff Yates. Aujourd’hui, on voit des fausses nouvelles sur des sujets plus sérieux comme la politique ou la santé. Toutes nos décisions sont basées sur l’information qu’on possède. C’est important de se baser sur de l’information de qualité. »

Les deux gagnants remportent un entretien d’une heure avec Yoshua Bengio, cofondateur d’Element AI et sommité mondiale de l’intelligence artificielle. Ils auront accès à un local de travail à Radio-Canada pendant six mois pour développer leurs prototypes. Radio-Canada leur fournira aussi des données et de l’expertise interne pour les épauler dans leur travail.

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