Deux jeunes Québécoises d'origine algérienne font partie, depuis un an, de l'équipe nationale de soccer du pays de leurs parents. Une fierté qui rejaillit sur toute une communauté.

Un texte de Robert Frosi

En 1998, à l’âge de 2 ans, Assia Sidhoum et ses parents quittent l'Algérie pour le Québec. Imane Chebel, elle, est née au Québec de parents algériens arrivés en 1990. Rapidement, les deux jeunes filles vont se découvrir une réelle passion pour le soccer jusqu'à devenir des joueuses semi-professionnelles.

Assia, étudiante en communication à l'UQAM, va même jouer durant deux ans dans la NCAA, le prestigieux circuit américain. Les Stingers de Concordia, eux, peuvent compter sur les talents de défenseuse d’Imane, étudiante en biochimie.

Il y a un an, le téléphone sonne et, à l'autre bout du fil, c'est le sélectionneur de l'équipe d'Algérie qui les invite à faire partie du onze national.

Assia croyait presque à une blague, mais elle s’est vite rendu compte de la véracité de l’appel.

« C'est un rêve que j'ai depuis longtemps. J'étais excitée, J'avais hâte. J'étais très fière. J'avais hâte de partager la nouvelle avec la famille, mes parents, tout le monde. »

« Maintenant, on représente un pays. Si on fait bien, les gens vont nous suivre, puis ça va plus entrer dans les mentalités des gens. On a un peu de pression de bien faire justement pour que les choses évoluent », renchérit Imane.

Pour les deux joueuses, il y a la fierté de représenter le pays d'origine de leurs parents, mais aussi le fait d'être un modèle afin que le sport féminin prenne de plus en plus de place et que les mentalités évoluent.

« Tout le monde devrait avoir accès au sport, avoir le même support. Je crois que dans les dernières années, ça a quand même évolué, on entend plus parler du foot féminin sur la scène internationale. C'est sûr qu'on avance, il faut s'en réjouir, mais il y a encore du travail à faire », affirme Assia.

Une rencontre incroyable

Même si leur idole incontestée est l'ancien capitaine de l'équipe de France Zinédine Zidane, aussi d'origine algérienne, Assia et Imane étaient nerveuses à l'idée de rencontrer le nouveau joueur de l'Impact de Montréal Saphir Taïder, également membre de l'équipe nationale d'Algérie.

« Je trouve que c'est une bonne chose, note Imane. Le sport est ouvert à tout le monde. Le fait d'avoir une équipe nationale féminine, ça montre que la fédération algérienne travaille bien et que ça pousse aussi les jeunes filles à faire du sport, à jouer au foot. Le foot rassemble beaucoup de femmes, un collectif, donc forcément beaucoup de sourires, c'est ce qui fait la différence. Le sport doit unir les personnes et non pas les écarter. »

Assia, elle aussi, est consciente que le sport peut être un formidable outil d'émancipation pour les femmes qui n'ont pas toujours la possibilité de le pratiquer.

« C'est sûr que le foot ça ouvre beaucoup d'opportunités. Ça aide à l'émancipation en quelque sorte. »

On peut lire dans les yeux d’Assia et d'Imane toute la fierté de représenter le pays d'origine de leurs parents. On retrouve la même étincelle chez Taïder.

« C’est une fierté, parce qu'on ne représente pas seulement un drapeau, un maillot, mais beaucoup de gens, un peuple, soutient le joueur de l’Impact. Moi, chaque fois, que je porte le maillot, c'est une fierté, un honneur parce que beaucoup de gens aimeraient être à notre place. Forcément. C’est beaucoup de joie, de bonheur, des moments intenses que je souhaite à tout le monde. »

Au mois de juin, Assia et Imane vont disputer le match décisif contre les Éthiopiennes. Une victoire leur ouvrirait les portes de la prestigieuse Coupe d'Afrique des nations. Ce serait un bel exemple pour les hommes qui n'ont pas réussi à se qualifier pour la Coupe du monde.

Mais comme le dit si bien Saphir Taïder, quelle que soit la victoire, ce sera celle de tout un peuple!

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