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Devrait-on moduler les tarifs du transport en commun selon les revenus?

Chargée de simplifier et d'uniformiser la tarification des transports en commun dans la grande région de Montréal, l'Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) doit maintenant se prononcer sur l'instauration d'un tarif social pour les usagers à faible revenu, réclamé par de nombreux organismes communautaires.

L’ARTM, qui a remplacé l’Agence métropolitaine de transport, doit se pencher sur l’accessibilité des transports en commun pour les gens à faible revenu. Certains citoyens doivent choisir entre un titre de transport et une épicerie. « Je dois toujours faire un choix, je ne me sens jamais libre entre le choix de bien m'alimenter ou voyager », explique Véronique Carli, une prestataire de l’aide sociale qui souffre de troubles anxieux.

Le transport en commun est un luxe qu’elle ne peut s’offrir et elle effectue ainsi l’essentiel de ses déplacements à pied. Elle a même dû renoncer à un programme pour l’aider à contrôler son anxiété parce qu’elle était incapable de payer le titre mensuel de transport en commun. « Si j'étais allée à ce programme-là, j’aurais dû prendre le transport public, poursuit Mme Carli. [J’aurais dû acheter] la passe mensuelle, qui était de 83 $; j'ai [donc] fait le choix déchirant de ne pas participer à ce programme-là », déplore-t-elle.

Mme Carli n'est pas la seule à devoir résoudre ce dilemme, puisque le transport est devenu la deuxième dépense des ménages après l'alimentation. Les moins nantis ont donc de la difficulté à payer le transport collectif.

Or, le transport collectif est nécessaire pour se trouver un emploi ou pour aller visiter leur famille. C’est pour cette raison qu’une douzaine d’organismes communautaires réclament un tarif social ou la modulation des tarifs du transport collectif selon le revenu annuel.

L'expérience d'Ottawa et de Calgary

C’est l’avenue que vient d’emprunter la Ville d’Ottawa où les citoyens à faibles revenus ont droit à un rabais de 50 % du titre mensuel. Ils peuvent ainsi acheter le titre de transport, qui coûte normalement 113,75 $, pour la somme de 57 $.

À Calgary, où le titre mensuel ordinaire coûte 101 $, les tarifs sont modulés aux revenus des citoyens. Plus le revenu est faible, plus le tarif est bas. Les résidents qui gagnent 22 000 $ par année doivent débourser 50,50 $ pour se procurer le titre de transport mensuel alors qu’il est de seulement 5,05 $ pour ceux qui ne gagnent que 12 000 $. Il y a également un tarif intermédiaire de 35,35 $ pour les gens dont les revenus se situent entre 12 000 $ et 15 000 $.

L’ARTM s'engage à étudier la question, mais elle prévient qu’une telle mesure n’est possible que si les gouvernements leur emboîtent le pas et assurent un financement adéquat. « Si vous diminuez vos ressources commerciales, il faut toujours vous assurer malgré tout de maintenir le service voire d'en améliorer la qualité, ça suppose donc un investissement public », avance la professeure du Département d’études urbaines et touristiques de l’UQAM Florence Paulhiac.

Le Mouvement pour un transport public abordable (MTPA) a d’ailleurs tenu une action de sensibilisation mardi matin, devant l'hôtel de ville de Montréal, afin de solliciter l'appui de l'administration municipale pour obtenir une tarification sociale.

D'après un reportage de Maxime Bertrand

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