Didier Drogba n'a pas l'intention de laver de linge sale sur la place publique. Enfin de retour à l'entraînement, l'Ivoirien panse encore les blessures d'une absence de 17 jours fortement médiatisée.

Un texte de Jean-François Poirier

« Vous n'entendrez rien de négatif de ma part. Si vous voulez me salir, salissez-moi », affirme l'attaquant de 38 ans qui avait causé tout un émoi, il y a trois semaines, en ne se présentant au match contre Toronto FC parce qu'il n'acceptait pas d'être réserviste, selon les dires de l'entraîneur-chef Mauro Biello.

« Vous voyez, on se parle, dit-il à propos de sa relation avec son patron. Je n'ai pas de rancune. Ça ne sert à rien de remuer le fer dans la plaie quand la situation devient plus apaisante. Ce qui a été dit a été dit. Je préfère me taire et répondre sur le terrain. »

Justement.

Didier Drogba sera-t-il assez en forme pour participer au match retour de cette demi-finale contre les Red Bulls à New York dimanche? Le principal intéréssé prétend qu'il n'est pas rétabli de ses maux de dos, mais qu'il se sent mieux. Il regrette que certains mettent en doute sa volonté de jouer.

« Pensez-vous que je ne veux pas être sur le terrain après m'être entraîné depuis le mois de janvier, a-t-il sèchement répondu a un reporter.

Il s'agissait du premier entraînement du club depuis sa victoire de 1-0 dans le match aller des demi-finales contre les Red Bulls de New York.

À l'attaque

Après un entraînement durant lequel il a maintenu le rythme imposé par ses coéquipiers, Drogba, tuque sur la tête, a accueilli les journalistes froidement.

« À l'attaque, a-t-il dit d'entrée de jeu, révélant ainsi son dégoût par rapport au traitement dont il a été la cible dans les médias récemment. Les derniers temps ont été un peu difficiles. Je n'ai pas à me justifier. Si je ne joue pas, c'est pour une raison médicale ou c'est le choix de l'entraîneur. Le premier déçu, c'est moi et personne d'autre. Je suis triste parce que j'ai raté des matchs importants. »

Drogba n'a donc jamais voulu entrer dans les détails de son départ soudain à la veille du match contre Toronto, jugé déplorable par la majorité des observateurs. Il a préféré citer en exemple ses séjours précédents avec d'autres formations durant lesquels il jure n'avoir rien à se reprocher.

« Je n'ai jamais manqué de respect à qui ce soit dans le monde du football, dit-il. Je ne veux pas parler de moi. Je préfère que mes ex-coéquipiers ou ex-entraîneurs prennent la parole à ce sujet-là. »

Biello garde le cap

Mauro Biello s'est réjoui de la présence de Drogba à l'entraînement. Sans plus. Lui aussi ne veut pas faire de vagues avec cette histoire.

« Didier et moi on discute. Il est un pro et il veut gagner. Il sait comment compter des buts. On travaille ensemble, soutient l'entraîneur-chef qui se donne du temps pour évaluer l'état de santé de Drogba.

« Il faut que je prouve au coach que je suis bien physiquement. C'est la seule chose, assure Drogba. Mais si ça ne va pas, je serai quand même dans le groupe pour les appuyer. »

Drogba a raté les quatre dernières rencontres de l'équipe en raison d'une blessure au dos, en plus de sa défection après avoir été écarté de la formation partante contre le Toronto FC le 16 octobre dernier.

Les succès de ses coéquipiers en éliminatoires ne l'ont pas vraiment étonné.

« Je leur ai dit: si vous n'êtes pas capables de gagner des matchs sans moi, c'est que vous n'avez rien appris de mon passage ici. »

Et si l'Impact gagnait le championnat de la MLS, que lui arriverait-il ?

« C'est sûr que si on finit avec un titre, je m'arrête ! », lance-t-il en esquissant l'un de ses rares sourires de ce point de presse. Mais il a aussitôt nuancé ses propos.

« Non, j'ai encore du jus dans les jambes et je veux jouer encore ».

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