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Dix moments-clés de la conférence de Michelle Obama à Montréal

Plus de 10 000 personnes se sont déplacées lundi soir pour assister à la conférence de Michelle Obama au Palais des congrès de Montréal. L'ex-première dame des États-Unis était l'invitée de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) pour parler des causes qui lui sont chères, avec, comme toile de fond, la présidence de Donald Trump et la présidentielle de 2020. Voici 10 extraits choisis qui ont marqué la soirée.

Un texte de Jérôme Labbé

1. « Le leadership ne change pas qui vous êtes; il révèle ce que vous êtes. »

Michelle Obama n'est sur scène que depuis quelques minutes lorsque l'audience éclate de rire devant cette première flèche à Donald Trump, un tabou que Michelle Obama n'abordera que du bout des lèvres pendant l'heure que durera son entretien avec l'animatrice de la soirée, la PDG de Femmessor Québec, Sévrine Labelle. « Je vous jure que j'essaye! », laisse-t-elle tomber, suggérant qu'elle fera tout pour éviter de critiquer de front celui qui a succédé à son mari à la Maison-Blanche. La glace est brisée, la discussion peut commencer.

2. « Prenez l'école au sérieux. Là-dessus, écoutez vos parents s'il vous plaît. »

L'ex-première dame s'adresse aux 2000 jeunes à qui la chambre de commerce a donné des billets et qui se sont agglutinés au fond de la salle pour écouter la conférence. Ils gloussent. Pourtant, il s'agit d'un sujet sérieux – le plus important d'entre tous, à en croire Michelle Obama. « C'est le fondement de tout ce que j'ai réalisé dans ma vie, jure-t-elle. Ça m'a préparé pour tout ce qui a suivi. » Ses propres parents n'ont pas eu la chance d'aller à l'université, mais ils ont tout fait pour que leurs enfants puissent y accéder.

3. « Le pouvoir existe ici dans cette salle pour faire les changements de demain. La question, c'est de savoir si la volonté est là. »

La question portait sur l'égalité des sexes à l'échelle mondiale qui, selon le Forum économique mondial, ne sera pas atteinte avant... 2186. Selon Michelle Obama, il faut que les choses changent plus rapidement. Et pas besoin d'attendre la mise en place de politiques sur la parité hommes-femmes dans les organisations. « Le changement peut arriver dès aujourd'hui », a-t-elle soutenu. « La question que certaines personnes en situation d'autorité devraient se poser, c'est : sont-ils prêts à ajouter des chaises autour de la table ou à donner la leur? », a-t-elle lancé. Ce disant, elle fixait la table d'honneur, autour de laquelle siégeait notamment le premier ministre Philippe Couillard et le président de la CCMM, Michel Leblanc, mais aussi plusieurs femmes, comme la mairesse de Montréal, Valérie Plante, et la « première dame » du Canada, Sophie Grégoire Trudeau.

4. « On ne peut pas survivre en tant que société si on ne s'occupe pas les uns et des autres. »

C'est pour être en phase avec ses convictions les plus profondes que Michelle Obama dit avoir abandonné le droit des affaires au profit du service public au début des années 90. Oui, les entreprises doivent assumer leurs responsabilités sociales et être de bons citoyens corporatifs, mais chaque individu doit aussi faire sa part, estime-t-elle. L'économie a beau avoir pris du mieux, « si vos voisins ne vont pas bien, si les enfants de votre communauté ne sont pas éduqués, si les gens meurent de surdoses de drogues, si notre planète flambe, à quoi tout cela aura-t-il servi? », demande-t-elle.

5. « Éducation, action, compromis »

C'est sa recette pour être un « agent de changement ». L'éducation, d'abord, car « il faut savoir quelque chose avant de pouvoir changer quoi que ce soit ». Ensuite, faire des choix qui résonnent en soi; les siens ont été de défendre l'éducation, la santé et l'émancipation des femmes. Enfin, « être ouvert à faire des compris ». « Les gens pensent les problèmes en noir et blanc », déplore Michelle Obama, « mais la vérité, c'est que les vrais changements s'obtiennent seulement à coup de petits compromis ». Pour elle, la compromission n'est pas un échec, mais un moyen de changer le monde, un pas à la fois.

6. « En tant que Noire, je ne voudrais certainement pas revenir en arrière! »

Il fallait être là pour voir le visage de Michelle Obama, mi-amusée, mi-dubitative devant la question somme toute triviale de l'animatrice : « À quelle époque iriez-vous si vous aviez accès à une machine à voyager dans le temps? » La réponse de l'ex-première dame a provoqué des rires jaunes dans l'assistance. Elle en a profité pour lancer une autre pointe à l'actuel locataire de la Maison-Blanche. « Certains veulent revenir en arrière, mais regardez qui dit ça! [...] Je resterais probablement dans le temps présent », a-t-elle conclu.

7. « Si on devait quitter notre pays et aller ailleurs, on viendrait ici. »

Michelle Obama optant pour le Canada comme pays d'adoption? L'aveu de l'ex-première dame, qui a raconté avoir fredonné un air du film The Sound of Music en traversant la frontière, a certainement ravi une bonne partie de son auditoire, lundi. C'est pourtant la seule fois qu'elle a évoqué le Canada pendant l'entretien.

8. « Vous faites partie du problème si vous n'êtes pas prêts à changer. »

Critique, Michelle Obama l'a été envers le milieu des affaires. La place accordée aux femmes dans les hautes sphères de l'économie est encore trop modeste, juge-t-elle. Pour l'ex-première dame des États-Unis, il faut faire en sorte que les filles et les femmes aient davantage confiance en elles. Comment? En commençant au plus jeune âge, à l'école, voire à la garderie. Pour elle, tout le monde a un rôle à jouer, y compris les hommes. « Tu ne peux pas démarrer une entreprise si tu crois que tu ne le mérites pas », observe-t-elle.

9. « Je ne fais campagne pour rien du tout. »

Non, elle ne sera pas candidate à la présidentielle de 2020, jure-t-elle. « Ma passion n'est pas la politique », lâche celle qui a pourtant accompagné Barack Obama pendant huit ans dans ses fonctions de chef d'État. Elle préfère se consacrer à l'écriture d'un livre – qui paraîtra sous peu, assure-t-elle –, à ses conférences – certains avaient payé plus e 500 $ pour assister à celle de lundi soir – et à la construction d'une nouvelle bibliothèque à Chicago. Elle souhaite en outre accompagner sa benjamine, qui entrera sous peu à l'université.

10. « Le moment est venu. »

D'avoir une femme à la Maison-Blanche. Quels conseils donneraient-elles à « une amie » qui souhaiterait se porter candidate? « Que la politique n'est pas une profession; qu'on ne doit pas faire de la politique pour faire avancer sa carrière, mais pour servir la population [et puis que] la politique, c'est un sport de contact avec les gens », résume-t-elle. « Mais à la fin, je l'encouragerais [...] Je lui dirais : fais-le. »

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