MONTRÉAL - Une frayeur par tournoi, c'est amplement suffisant pour le meilleur joueur au monde. Novak Djokovic n'a fait qu'une bouchée du Français Jérémy Chardy en demi-finales de la Coupe Rogers, samedi.

Un texte de Alexandre Gascon

Après être passé à une balle de remballer ses raquettes la veille face à Ernests Gulbis, le Serbe a écrit un tout autre scénario contre la 49e raquette mondiale avec une victoire de 6-4, 6-4.

Faut-il vraiment s'en surprendre. Peut-être le Bleu n'affichait-il pas sa meilleure forme, celle aperçue dans sa victoire en quarts de finale et trois bris d'égalité contre le géant John Isner, mais la confiance ne doit pas atteindre son paroxysme lorsqu'on est mené 9-0 dans nos duels face à l'adversaire.

« Quand tu as une bonne fiche contre un adversaire, c'est certain que ça te donne confiance », a expliqué Djokovic, bien plus adroit face à Chardy que contre Gulbis.

Le Français avait perdu, avant la demi-finale, les 22 manches disputées au « Djoker ». Dimanche, le Serbe de 28 ans sera en quête d'un quatrième titre à la Coupe Rogers, un troisième à Montréal et un premier depuis 2012.

« Ça a suffi de faire deux bris (de service) aujourd'hui. Jérémy a connu une très bonne semaine et j'espère que ça continue (pour lui) », s'est exclamé le vainqueur en français sur le terrain tout de suite après son triomphe.

« J'ai mieux joué qu'hier, a ajouté Djokovic. Je dois encore monter mon niveau d'un cran ou deux. J'ai l'expérience dans les finales des grands tournois. »

Le Serbe sera en quête de son septième titre.

Un match presque scellé d'avance

Outre un ou deux points spectaculaires, la plus grande réaction de la foule est venue lorsqu'est apparu sur l'écran géant un spectateur brandissant une pancarte « Épouse-moi, Jérémy », ce qui n'est pas peu dire. Tout un contraste avec la folle journée des quarts de finale.

Nerveux dès l'entame, le Français a commis deux double fautes sur les tout premiers points du match. Le bris s'en est suivi et la perte de la première manche peu de temps après. 

« J'étais vraiment très relax. Quand le match a commencé je suis devenu soudainement ultra nerveux », a expliqué Chardy en conférence de presse.

« Le match d'hier a été super long (3h 12 min), mais je ne l'ai pas trop senti au début, a avoué le Français de 28 ans. Je suis devenu plus fatigué dans la deuxième manche. »

Le 49e mondial préférait voir les choses d'un bon œil après sa première demi-finale en Masters. Souriant et décontracté, Chardy relativisait.

« C'est une habitude à prendre. Plus tu vas loin dans les tournois, plus tu joues contre de bons joueurs. (...) Je suis content de ma semaine. J'ai perdu contre le meilleur joueur au monde. »

Ayant été « chanceux », selon ses dires, d'avoir survécu à la tempête Gulbis, Djokovic jouait avec l'assurance de l'homme qui connaissait l'issue de la rencontre.

Il a brisé à nouveau au cinquième jeu de la seconde manche et a filé tout du long en tête, jamais inquiété. Chardy n'a pas vu la couleur d'une balle de bris. Le Serbe a été impérial au service.

« Il n'y a pas un seul moment où j'arrivais à voir où il servait, a admis Chardy. Je pense qu'il est capable de servir dans toutes les zones. Il ne sert pas nécessairement très vite, mais il change tout le temps d'effet, de vitesse et il est super précis, toujours très proche de la ligne. C'est vraiment difficile de le retourner. »

Si frousse il y a eu pour Djokovic, c'est lors de deux changements de côté, lorsque le numéro un mondial a fait appel au soigneur pour soulager ce qui semblait être des douleurs au coude droit. Sans conséquence apparente, puisqu'il a disputé la demi-finale du double moins d'une heure plus tard.

Les douleurs au coude « vont et viennent », a admis le favori. « C'était un peu plus dur aujourd'hui, mais ça ne m'inquiète pas. »

Janko Tipsarevic et lui se sont inclinés 6-3, 1-6 et 4-10 contre le Canadien Daniel Nestor et son partenaire, le Français Édouard Roger-Vasselin.

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