MONTRÉAL - Ce n'est pas le contraste de style de jeu de Roger Federer et Rafael Nadal, ni celui de personnalité de Pete Sampras et Andre Agassi, encore moins l'hostilité ouverte entre John McEnroe et Ivan Lendl, mais la rivalité entre Andy Murray et Novak Djokovic est bien vivante.

Un texte de Alexandre Gascon

Forcément, lorsqu'on s'est affrontés 27 fois sur le circuit professionnel, ça laisse des traces.

Cette rivalité, on n'en fait pourtant pas le plus grand cas dans le tennis d'aujourd'hui.

« J'ai beaucoup de respect pour Novak comme joueur de tennis. Je le connais depuis que nous avons 12 ou 13 ans. Bien sûr, c'est difficile d'être vraiment proches quand on joue ces grands matchs l'un contre l'autre régulièrement, c'est normal. Mais on s'entend très bien », expliquait Murray en conférence de presse samedi soir après son duel avec Kei Nishikori.

Une cordialité parfois reprochée aux meilleurs joueurs.

« C'est bizarre au tennis. Comme cette semaine, où tout le monde a dit que cette affaire Kyrgios-Wawrinka était mauvaise pour le tennis, et en même temps, les gens venaient me dire que le tennis était devenu ennuyeux avec tous les meilleurs joueurs qui s'entendent si bien. Et puis, à d'autres moments cette semaine, les médias me posent des questions comme s'ils voulaient que Novak et moi, on ne s'aime pas, ou que Rafa et Roger ne s'aiment pas, comme s'il devait y avoir cette mésentente », analyse la deuxième tête de série.

Les deux hommes sont nés à une semaine d'intervalle, ils pratiquent un style de jeu très similaire et, pour faire leur marque, ils ont dû faire tomber de leur piédestal le Suisse et l'Espagnol qui les précédaient au classement depuis leur arrivée chez les pros.

Mais là s'arrête les comparaisons.

Le numéro un mondial mène 19-8 dans ses confrontations avec l'Écossais, qui redeviendra son dauphin au classement de l'ATP dès lundi, devançant Federer.

Huit de ces matchs se sont joués en tournois du grand chelem avec un avantage de 6-2 en faveur de « Djoko ». En finale d'un grand chelem par contre, le ratio baisse à 3-2.

C'est contre Djokovic qu'Andy Murray a redonné ses lettres de noblesse au tennis britannique que le pays attendait depuis 77 ans. Son triomphe à Wimbledon en 2013 contre le Serbe reste son plus haut fait d'armes.

Depuis, Djokovic s'est détaché de son adversaire et l'a vaincu huit fois d'affilée.

Comment se fait-il qu'il ait pris le pas sur l'Écossais ainsi, a voulu savoir un collègue.

« Question difficile, a admis Murray. La confiance, je dirais, est un facteur important. (...) Quand on le regarde jouer, on voit qu'il frappe bien des deux côtés, qu'il sert bien, qu'il retourne bien. Il a évidemment des qualités athlétiques, beaucoup d'endurance. Il ne lui manque pas grand-chose. »

« Si un coup lui fait défaut pendant un match, il peut compenser par les autres coups, enchaîne-t-il. Il y a beaucoup de choses qu'il fait très bien sur un terrain, c'est pourquoi il est le numéro un depuis un moment maintenant. »

Il y a l'opération au dos aussi, à la fin 2013, qui a tenu Murray sur le carreau pendant quelques mois. Le retour vers les hautes sphères de la hiérarchie mondiale a pris un certain temps et s'est réellement produit au début 2015 avec cette finale serrée aux Internationaux d'Australie.

Et depuis leur duel en cinq manches en demi-finales de Roland-Garros en juin, remporté par Djokovic, le Serbe se tient aux aguets.

« Andy est un joueur très complet, il est sur le circuit depuis de nombreuses années et il sait comment jouer les matchs importants. Ce match sera intéressant à voir », a prédit le meilleur joueur au monde.

Les politesses d'usage maintenant écartées, les deux amis laisseront parler leurs armes sur le terrain central.

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