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Dopage : la ministre des Sports, Carla Qualtrough, s’indigne

La nouvelle responsable des sports au Canada, Carla Qualtrough, a accordé une entrevue exclusive à Marie-José Turcotte de Radio-Canada Sports, lundi, quelques jours seulement après son assermentation.

Carla Qualtrough arrive en poste au beau milieu d'une tempête. Une tempête qui ébranle le sport international et qui pousse l'appareil sportif russe dans ses derniers retranchements.

Le jour même de cette entrevue, un rapport d'une commission d'enquête indépendante réalisée par l'Agence mondiale antidopage a stupéfait le monde du sport avec la mise au jour d'un vaste système de corruption couvrant des cas de dopage dans l'athlétisme russe.

À la suite de ces révélations, l'Association internationale des fédérations d'athlétisme pourrait sanctionner la Russie et peut-être même suspendre ses athlètes de toute compétition, y compris les Jeux olympiques de Rio.

« Je ne sais pas si on doit punir tous les athlètes. C'est très difficile pour ceux qui ne se dopent pas », fait remarquer la ministre, avec prudence.

« C'est frustrant aussi pour les autres pays du monde qui doivent maintenant prendre des décisions très difficiles à propos de ça. Peut-être qu'il faut imposer un nouveau système, mettre des mécanismes de contrôle. Peut-être que les tests antidopage doivent être faits dans d'autres pays. Quand c'est un problème systémique, il faut s'attaquer au système », croit l'avocate de 44 ans.

« C'est évident que c'est partout dans le système [en Russie] et ce n'est pas acceptable du tout de simplement dire que tout le monde le fait. Ce n'est pas acceptable. »

La ministre Qualtrough se rendra d'ailleurs à une rencontre de l'Agence mondiale antidopage la semaine prochaine à Palm Springs, au Colorado.

L'avenir du sport au pays

Même si le Canada a su se démarquer aux Jeux olympiques au cours des dernières années, particulièrement aux Jeux d'hiver, la ministre reconnaît volontiers que les sommes investies dans le sport d'élite font encore pâle figure comparativement à celles déboursées par les autres pays dominants sur la scène internationale.

Par exemple, l'Australie investit 107 millions de dollars par année dans le sport d'élite. En France, ce sont 250 millions qui soutiennent les athlètes, ce qui est encore bien loin des 775 millions dans le cas de l'Angleterre. Au Canada? Il s'agit d'une somme de 62 millions.

« On doit investir en nos athlètes. Je ne sais pas le montant exact. C'est un peu tôt dans ma carrière de ministre pour dire ça. Quand on investit en nos athlètes d'élite, ça change les idées des jeunes, ça crée un pays plus sportif, plus uni, plus confiant, plus fier. »

Carla Qualtrough estime que le grand défi pour le système sportif au pays est de soutenir l'ensemble des sports, peu importe qu'ils soient d'hiver ou d'été. Selon elle, il existe aussi une faiblesse à un endroit très précis de la pyramide de progression des athlètes : les équipes de développement.

« Nous n'investissons pas assez dans nos athlètes qui sortent des équipes provinciales et qui tentent d'accéder aux équipes nationales. Ils sont très forts dans leur province, mais n'arrivent pas à se qualifier au national. On perd ces athlètes au Canada parce qu'il n'y a pas de soutien à ce niveau. »

La place des femmes dans l'administration du sport

Son chef, Justin Trudeau, a montré une réelle préoccupation d'offrir une place de choix aux femmes au sein de son Cabinet. Carla Qualtrough s'en inspire lorsqu'elle parle de la place des femmes dans le sport.

« On doit créer les occasions pour que les femmes puissent accéder aux postes haut placés. Il y a beaucoup de femmes bénévoles dans le sport, mais moins chez les administrateurs. Et puis, les athlètes qui terminent leur carrière, elles peuvent continuer comme leaders, et peut-être être ministre du Sport un jour », lance Carla Qualtrough en riant.

Elle a, de toute évidence, trouvé la bonne voie.

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