« Tout ce que j'ai fait dans ma vie d'athlète, c'est grâce à lui. » Dorothy Yeats doit beaucoup à son père Doug, figure centrale dans sa vie de lutteuse. Mais la Montréalaise veut écrire sa propre histoire et toucher à une récompense qui a toujours échappé à son père : une médaille olympique.

Un texte de Guillaume Boucher

Dorothy Yeats suit les traces de son père. Les comparaisons sont frappantes. Elle a gagné l'or en lutte libre aux Jeux panaméricains de Toronto en 2015, son père en lutte gréco-romaine aux Panam de San Juan en 1979. Elle lutte chez les 69 kg, lui a fait une grande partie de sa carrière chez les 68 kg. Elle se dirige vers une carrière en génie civil, lui est ingénieur mécanique.

Comment peut-on différencier la fille du père? « Mon père est toujours de 20 à 30 minutes en retard. Moi, c'est seulement 10 minutes », souligne à la blague Dorothy Yeats.

Les comparaisons ont leurs limites. C'est vrai notamment dans le parcours olympique des deux lutteurs.

À 22 ans, Dorothy Yeats rêve encore à ses premiers Jeux, pour lesquels elle pourrait décrocher son billet ce vendredi, aux qualifications panaméricaines de Frisco, au Texas, tout comme son jeune frère John (66 kg) d'ailleurs.

Doug Yeats, lui, avait déjà vécu l'expérience olympique à 18 ans, à Montréal en 1976. Il a également participé à trois autres Jeux par la suite (il était aussi qualifié pour les Jeux de Moscou en 1980, mais n'a pu y participer à cause du boycottage canadien).

« Pour ses premiers Jeux à Montréal, je crois que le pays organisateur des Jeux pouvait envoyer des athlètes dans chaque discipline, sans passer par des qualifications, dit Dorothy Yeats. C'était beaucoup plus facile pour lui de se qualifier. Et la lutte gréco-romaine n'est pas aussi compétitive que la lutte libre au Canada. Je ne pourrais pas aller aussi souvent que lui aux Jeux. »

Dorothy Yeats se préoccupe davantage de ce qu'elle pourrait faire aux Olympiques que le nombre de fois où elle irait. Son père Doug n'a jamais fait mieux qu'une 5e place à Los Angeles en 1984. Elle vise plus haut.

Un allié

« Je n'ai jamais senti que je ne suivais pas ma propre voie, que j'étais dans l'ombre de mon père. Au début, on me demandait si j'étais la fille de Doug Yeats. Maintenant, on lui demande s'il est le père de Dori Yeats! Les choses ont changé. »

Si les choses ont changé, comme le dit Dorothy Yeats, c'est parce qu'elle s'est construit un joli palmarès. Elle a gagné les Jeux olympiques de la jeunesse de Singapour en 2010, a été sacrée championne du monde chez les juniors en 2012 et 2013 et vice-championne du monde chez les seniors en 2012, avant de décrocher l'or aux Jeux du Commonwealth de Glasgow en 2014.

En janvier, elle est repartie de l'épreuve-test des Jeux de Rio avec une médaille d'argent après avoir battu à son premier combat la championne du monde et olympique en titre, la Russe Natalie Vorobieva. Un résultat qui faisait du bien après des mondiaux 2015 amers, où elle a perdu à son premier combat.

Son père Doug l'a toujours accompagnée, de près ou de loin, dans ses hauts comme dans ses bas. Il est même devenu son entraîneur après qu'elle eut mis fin en 2013 à son association avec Victor Zilberman, à qui elle reprochait le style autoritaire.

En septembre 2015, il a retrouvé son rôle de soutien quand Ivan Diaconu est devenu l'entraîneur principal de Dorothy. Le sport a pris moins de place dans la relation père-fille.

Doug Yeats sera aussi le plus grand admirateur de Dorothy à Rio, si elle s'y rend. Vingt-quatre ans après ses derniers Jeux, son rêve olympique pourrait revivre à travers elle.

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